Réussir Aviculture 23 mars 2012 à 12h01 |

Développement en Basse-Normandie - Le plan avicole Ornais est bien lancé

Trois ans après leur lancement, les aides publiques et privées accordées aux investisseurs avicoles de l’Orne portent leurs effets.

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Fabien Durand, 31 ans, avecElodie Barthélémi,coordinatrice
du plan Ornais à la chambre d’agriculture. « Sans les 24 000 euros d’aides,
je n’aurais pas fait ce bâtiment et je ne me serais pas  installé. »
Fabien Durand, 31 ans, avecElodie Barthélémi,coordinatrice du plan Ornais à la chambre d’agriculture. « Sans les 24 000 euros d’aides, je n’aurais pas fait ce bâtiment et je ne me serais pas installé. » - © PLD

Situé entre Normandie, Bretagne et Pays de la Loire, le département de l’Orne paie encore aujourd’hui les erreurs des décideurs du passé. Au XIXe siècle, les notables locaux avaient refusé la venue d’un nouveau moyen de transport.Au lieu de s’arrêter à Alençon, le train choisit Le Mans… C’est peut-être pour ne pas regretter de voir encore passer le train que les professionnels avicoles ornais ont tiré la sonnette d’alarme en 2007. Dominique Troussard, président de la commission avicole de la chambre d’agriculture, était encore aviculteur (depuis il a cédé pour raison de santé) : « En dix ans, le nombre d’aviculteurs ornais était passé de 200 à 130 en 2007, puis 115 en 2008. Il fallait arrêter l’hémorragie de 10 000 m2 par an, en donnant un coup de pouce financier ». Le recensement agricole de 2008 a comptabilisé 127 exploitations ayant des volailles de chair (poulet, dinde) pour 130 000 m2 de surface. En 2010, la MSA dénombrait 100 exploitants avec un élevage de volailles ou de lapins. Selon Dominique Troussard, le désamour avicole est lié à la spécialisation laitière et au surcroît de travail engendré, le producteur laitier sacrifiant l’atelier volaille, surtout si celui-ci rémunère moins bien. Pourtant, le département possède un abattoir important (la Société Normande de Volailles, du groupe LDC) et d’autres en p é r i p h é r i e (Ramon et Secoué en Mayenne) qui ont tiré le développement dans les années 1990. Le parc est relativement récent. Selon Agreste Basse-Normandie, en 2008 un petit tiers des capacités d’élevage avait moins de dix ans et un autre petit tiers plus de vingt ans.


LE CONSEIL GÉNÉRAL PARTANT


Contacté, le Conseil général a vite répondu à une demande de soutien via le programme de maîtrise des bâtiments d’élevage (PMBE). Avec 293 000 habitants (entre 45 et 50/km2), ce département reste très lié au milieu agricole en termes d’emplois agricoles (6,8 % de la population active fin 2008) ou agroalimentaire (4,3 % des emplois) : le double de la moyenne nationale. Avec environ 5 000 emplois, l’agroalimentaire est la première branche industrielle avec une dominante viande (Charal, SNV) et lait (Lactalis, Riches Monts, Fléchard). « Le département ne voudrait pas perdre un abattoir qui emploie un millier de personnes, ni les emplois indirects liés aux élevages », explique encore le responsable avicole.D’abord indifférents à l’initiative (« ils pensaient pouvoir toujours trouver des surfaces ou attendaient que les autres bougent »), les opérateurs ont finalement adhéré au projet. En février 2009, le plan d’aides quinquennal s’est concrétisé par une grande « messe » à laquelle les banques et l’assureur Groupama ont aussi participé. 27 EUROS PAR MÈTRE CARRÉ Pour les porteurs du projet de plan de relance, l’incitation financière devait être significative, de l’ordre de 15 % du prix d’un poulailler standard ou label, c’està- dire 27 euros du mètre carré construit. Le Conseil général a accepté d’apporter 7 euros par mètre carré. Groupama a promis 1 euro sous forme de réduction de cotisation, les banques 4 euros sous forme d’abattements de crédit. L’effort principal revient aux organisations de producteurs avec 15 euros, au minimum. « Peu importe comment, souligne Dominique Troussard, pourvu qu’elles le fassent. » D’abord circonscrite aux volailles de chair standard et label en neuf, en 2010 l’aide a été étendue aux pondeuses et aux rénovations, puis aux volailles bio en 2011. Quant aux reprises de bâtiments, l’aide est divisée par deux, à laquelle peuvent s’ajouter les aides PPE en cas de rénovation.


L’OBJECTIF ANNUEL ATTEINT EN TROISIÈME ANNÉE


Initialement, le plan prévoyait de retrouver 10 000 m2 par an avec au moins une nouvelle installation en standard et une en label rouge, ainsi que la reprise de deux tiers des surfaces arrêtées. En 2009, 3700 m2 ont été repris ou créés, 8800 m2 en 2010 et 12300 m2 en 2011. En trois ans, la création d’ateliers a représenté 12700 m2 (6200 m2 rien qu’en 2011), moitié en standard et moitié en label. La surface reprise a atteint 12100 m2. Pour 2012, 11400 m2 de création sont prévus pour 2900 m2 de reprise, auxquels s’ajoutent 16000 places de poules. « L’objectif est atteint », se félicite Dominique Troussard, qui espère que les surfaces manquantes au début du plan seront rattrapées au cours des deux prochaines années.

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