Réussir Aviculture 04 octobre 2013 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Une rentabilité cyclique pour la filière dinde allemande

Avec un moindre nombre de dindes élevées — 600 000 par semaine contre 900 000 en France — mais autant en volume, l’Allemagne raisonne sur le long terme.

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La compensation des revenus fluctuants de la volaille vient de la vente des énergies renouvelables qui ont cependant eu l’inconvénient de créer une bulle spéculative sur le foncier.
La compensation des revenus fluctuants de la volaille vient de la vente des énergies renouvelables qui ont cependant eu l’inconvénient de créer une bulle spéculative sur le foncier. - © G. Amand / Itavi

Selon les éléments recueillis au cours du voyage Néodinde (1), 95 % des indépendants (70 % des éleveurs allemands) font partie d’une des 15 associations qui comptent de 8 à 80 éleveurs. Ces sont elles qui négocient pour trois ans les contrats avec les abattoirs, l’éleveur ayant le choix entre deux opérateurs. Mais le prix de reprise fluctue selon l’état de l’offre et de la demande de vif. Tenant compte d’un meilleur rendement en filet, le prix des dindons est supérieur à celui des femelles.
Le profit moyen subit des oscillations. « Sur les quatre dernières années, le solde disponible moyen extrapolé a fluctué entre -19,60 euros et +20,10 euros/m2/an. »
Fin 2010-début 2011 les éleveurs ont perdu de l’argent durant neuf mois consécutifs. Ils ont ensuite connu un an d’embellie, mais la situation est défavorable depuis le troisième trimestre 2012, tout en étant de moins en moins difficile. La perte moyenne est passée de 17 à 6,40 euros/m2/an au premier trimestre 2013, période durant laquelle l’aliment se situait à 388 euros/t, avec un prix moyen du vif à 1500 euros/t pour les mâles et 1400 € pour les femelles. « Les Allemands ont eux aussi des difficultés à répercuter la hausse des matières premières à leurs acheteurs de viande », constate Dylan Chevalier. « S’il est critiqué pour son manque de prise en compte de la performance, notre contrat trois points a au moins le mérite de tamponner les écarts, et de sécuriser les éleveurs, donc la filière. »

- © Infographie Réussir

Besoin de revenus complémentaires


Pour amortir les variations cycliques des revenus de la dinde qui est raisonnée sur du long terme, les Allemands ont misé sur les énergies renouvelables.
Le groupe Néodinde a aussi constaté que ce modèle économique était moins sécurisant en cas de contre performance, même légère. Au final, les techniciens et éleveurs français ont observé des coûts du vif cohérents avec la France, voire un peu au-dessus. Cependant, ils sont compensés par un meilleur rendement à l’abattoir. Des économies sont sans doute réalisées grâce à la taille des outils, à la logistique, à l’organisation, à l’abattage…

 

(1) en avril 2013, vingt-et-un éleveurs, techniciens et délégués d’organisations professionnelles (Itavi, Cidef, chambres d’agriculture) sont allés découvrir la filière allemande de la dinde, pour essayer de comprendre les écarts de compétitivité technique, économique et organisationnelle.

- © C. Reibel

Pour en savoir plus :

voir dossier Réussir Aviculture de septembre 2013. RA n°189, p. 32 à 41.

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