Réussir Aviculture 20 décembre 2012 à 14h24 | Par Armelle Puybasset

Une dalle alliant les qualités du béton et de la terre battue

Pour la réfection du sol de son bâtiment de dindes, le Gaec Sans Frontières a opté pour un revêtement Ecomat, un mélange de terres de remblai et de ciment.

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DANIEL BOUDAUD ET LOUIS PAUL ont choisi de réfaire leur sol avec Ecomat renforcé, « un revêtement dur et légèrement absorbant moins coûteux que le béton ».
DANIEL BOUDAUD ET LOUIS PAUL ont choisi de réfaire leur sol avec Ecomat renforcé, « un revêtement dur et légèrement absorbant moins coûteux que le béton ». - © Armelle Puybasset



Sa couleur se trouve entre le gris et le marron clair. Le revêtement « Ecomat renforcé », développé pour les pistes cyclables et piétonnes, a fait son entrée dans le milieu avicole. Trois poulaillers ont ainsi été rénovés en Vendée, dont celui du Gaec Sans Frontières à Mesnard-La-Barotière (85).

Conçu et posé par l’entreprise de travaux publics Asa TP à Chaize- Le-Vicomte, il est composé d’un mélange d’argile, de chaux et de ciment. « Le sol en terre battue de notre bâtiment de dindes de 1 000 m2 était très abîmé », explique Daniel Boudaud, l’un des associés du Gaec. « Pour faciliter le nettoyage et le démarrage, nous souhaitions investir dans un sol dur. Le béton ou l’enrobé ne nous convenaient pas car nous ne voulions pas de système de récupération des jus pour des raisons de coût et de gestion de la fosse (sol non étanche). Le sol Ecomat a l’avantage d’être dur tout en restant légèrement poreux et moins coûteux (15 €/m2 clés en main) », estime-t-il.



Avec son frère Louis Paul et un salarié, ils exploitent 4 650 m2 de poulaillers répartis sur trois sites, dont 3 000 m2 en canards de chair, et 75 hectares de SAU. « Lors du vide, nous cherchons à gagner du temps pour le consacrer au nettoyage du petit matériel et à la désinfection. » Avec un sol bien nivelé, le curage est plus rapide. Le sol ne sera pas lavé à chaque vide. « Un balayage soigneux est suffisant, sauf en cas de problème sanitaire où le nettoyage sera fait avec un nettoyeur haute pression équipé d’un jet-pinceau. La rotabuse est à éviter. » Le lavage et la première désinfection du poulailler sont ensuite réalisés par la Coop l’Eveil.

En proposant le revêtement Ecomat à ses adhérents (contractualisation avec Asa TP), la coopérative entend promouvoir les solutions qui facilitent la désinfection des sols, d’autant qu’elle intervient de plus en plus pour nettoyer et désinfecter les poulaillers (progression de 25 % de l’activité). Un réglage plus précis des lignes d’eau et d’aliment Les éleveurs apprécient l’économie de litière, réduite de 6,5 kg/m2 à 4 kg, sur le premier lot de dindes.

« Le réglage précis et homogène de la hauteur des lignes d’eau et d’alimentation ne peut être que béné- fique sur la qualité du démarrage », complète Emmanuel Chouq, technicien de Bellavol. « L’effet sur le confort de la volaille sera confirmé sur le long terme, note Louis Paul. Le sol reste absorbant et la litière est sèche. » Convaincu, le Gaec a prévu de refaire en 2013 son second poulailler de dindes (600 m2) avec ce même revêtement. Ce n’est toutefois qu’avec le temps que l’on connaîtra la durée de vie de ce type de sol bien plus résistant que de la terre battue mais moins qu’un sol bétonné.


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UN CHANTIER SUR TROIS JOURS

Le revêtement Ecomat renforcé est à base de terres de terrassement recyclées. Un apport de chaux est effectué pour réduire l’argilosité du matériau. Après maturation, le produit est mélangé avec du ciment (5 %).

Le chantier de réfection du sol a duré trois jours (+ quinze jours de séchage) et a été réalisé par Asa TP : une journée de remise en forme du sol et deux jours d’application du produit. L’Ecomat renforcé est appliqué au finisseur (comme les enrobés) puis serré avec un compacteur double bille. « Au Gaec Sans Frontières, l’épaisseur du revêtement est de 15 cm (posé directement sur la terre battue, granulométrie de 0/20) mais on peut sans problème la réduire à 7 cm si le support est sain », précise Laurent Fièvre, dirigeant d’Asa TP.

• « En termes de résistance, le produit Ecomat est bien plus proche du béton que de la terre battue. C’est l’équivalent d’une grave maigre. » Le coût du revêtement clés en main est de 15 ¤/m2 (épaisseur de 15 cm, granulométrie 0-6 ou 0-20, surface comprise entre 900 et 1 100 m2 et dans un rayon de moins de 30 km de Chaize-Le-Vicomte.)

Sur le dernier chantier, à Saint- Pierre-du-Chemin, le sol a été lissé à l’hélicoptère, ce qui donne l’aspect d’un béton ciré. D’autre part, une granulométrie de 0-6 s’est révélée préférable et assure une finition plus régulière.

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