Réussir Aviculture 23 novembre 2015 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

Un effet crise bénéfique sur la consommation de volaille

Commanditée par FranceAgriMer, une étude montre que lors de la crise économique 2008-2013, les ménages ont privilégié la volaille au détriment des autres viandes et du poisson frais.

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Les comportements d’achats de protéines animales ont été modifiés durant la crise économique de 2008 à 2013. La consommation de viande de volaille a augmenté au détriment du mouton, du bœuf, du porc et du poisson frais.
Les comportements d’achats de protéines animales ont été modifiés durant la crise économique de 2008 à 2013. La consommation de viande de volaille a augmenté au détriment du mouton, du bœuf, du porc et du poisson frais. - © J.-C. Gutner

Entre 2008 et 2013, la crise économique a généré une baisse du pouvoir d’achat des ménages (- 0,2% par an) et les a amenés à faire des arbitrages entre les différents postes de consommation alimentaire. Globalement, les achats de viande et de poisson ont diminué tandis que ceux de laitages et d’œufs ont augmenté. Cette tendance générale cache en réalité des disparités entre familles de produits animaux, la viande de volaille étant celle qui a le mieux tiré son épingle du jeu. «Durant la crise, la volaille a été sanctuarisée dans le panier d’achat des ménages », souligne le bureau d’études Bipe qui a réalisé pour FranceAgriMer une étude sur l’impact de la crise économique sur les comportements d’achats des ménages en produits animaux(1). Durant ces années, la consommation de viande de volaille a augmenté au détriment du mouton, du bœuf, du porc et du poisson frais. Cette viande reste considérée comme une source protéique moins coûteuse (inférieure à 10 euros/kg en moyenne en 2013 selon Kantar Worldpanel). Paradoxalement, le prix de la volaille est celui qui a le plus progressé pendant cette période.

Des dynamiques différentes selon les familles de produits

Pour certains produits, la crise a amplifié la tendance à la baisse structurelle, liée aux évolutions de modes de vie, aux préoccupations environnementales et de santé, aux crises sanitaires… Ainsi, la consommation de bœuf a diminué de 16% entre 2007 et 2013, dont les deux tiers sont liés à la crise (voir tableau). En porc, elle explique pour moitié la baisse de 8%. La crise a aussi freiné la consommation d’autres produits qui étaient en croissance, comme les viandes en conserve ou les yaourts. À l’inverse, elle a profité à des secteurs qui étaient en décroissance, dont fait partie la volaille, aux côtés des œufs et du fromage.
Entre 2001 et 2007, la consommation par les ménages avait baissé de 2% en œufs et de 13% en volaille. Durant la crise, elle a augmenté de 14% et de 3% respectivement, là où les effets structurels à eux seuls auraient induit une baisse théorique de 5%. « L’effet crise a été très positif pour la viande de volaille et pour l’œuf.» La charcuterie et les poissons transformés n’ont pas été impactés par la crise économique, leur consommation a suivi la même tendance qu’auparavant.

- © Infographie Réussir

Une substitution entre viandes qui profite à la volaille

L’étude confirme que les protéines animales se substituent entre elles : le mouton par le bœuf et le porc, eux-mêmes remplacés par de la charcuterie ou des conserves de viande. Par contre, il n’y a pas de report sur les protéines végétales (légumineuses). Les substitutions diffèrent également selon le niveau de vie des ménages. Ainsi en temps de crise, les ménages à plus bas revenu augmentent davantage leur consommation d’œufs et de laitages.

(1) À partir des données de l'Insee.

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