Réussir Aviculture 19 janvier 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Turbulences dans l’abattage des poules

Avec les fermetures des frontières africaines et l’influenza en France, les poules de réforme n’ont presque plus aucune valeur marchande.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
En France, le plus principal opérateur de poules de réforme est détenu par un importateur béninois approvisionné mondialement.
En France, le plus principal opérateur de poules de réforme est détenu par un importateur béninois approvisionné mondialement. - © Avipole Formation

Depuis le 10 novembre, pour bon nombre de producteurs de poules pondeuses (reproductrices ou œufs de consommation) le poste « réforme » coûte plus qu’il ne rapporte. Casco, le principal abatteur français de poules de réforme, a décidé de reprendre les animaux à valeur-zéro tout en continuant d’abattre et de stocker. Quant au second, le groupe Doux, il a annoncé une suspension durant les trois dernières semaines de décembre dès que son débouché sud-africain s’est fermé pour cause d’influenza aviaire. Ses abattages ont repris début janvier à un rythme ralenti. Ces deux opérateurs traitent les deux tiers des 38 millions de poules réforme d’œufs de consommation. Détenteur majoritaire de Volailles du Poher et de Socavol en Bretagne, Casco conditionne de l’ordre de 17 millions de poules par an quand Doux affiche 8,5 millions.

Si Doux a décidé d’arrêter d’abattre après la fermeture de son débouché d’Afrique du sud, c’est qu’il savait le marché export saturé. Depuis l’été dernier, l’Afrique, qui constitue 90 % des débouchés des poules de réforme, donnait de sérieux signes d’engorgement. Selon Christophe Thébault, le directeur des deux abattoirs Casco, les prix de vente africains ont été divisés par trois, arrivant au niveau de ceux qui sont pratiqués en France pour les poules (30 centimes par kilo vif). Toute l’Europe serait concernée.

Un débouché unique et fragile

Le Bénin, pays frontalier du Nigeria, est la plaque tournante de ce commerce en Afrique de l’Ouest. Selon l’interprofession avicole béninoise, en moyenne 150 000 tonnes de volaille y sont importées par an dont 85 % sont réexpédiées. La chute des prix aurait été provoquée par la fermeture du Nigeria, le principal débouché. Depuis plusieurs mois, ses dirigeants ont décidé d’accentuer la lutte contre le commerce des viandes congelées. Les gouvernements de l’Afrique de l’Ouest contestent de plus en plus les importations de produits vendus à bas prix, qui empêchent la production locale de se développer. Enfin, le patron béninois de Casco intrigue. Au Bénin, cet homme d’affaires dirige des sociétés important des viandes et des poissons congelés. Il est aussi candidat aux élections présidentielles béninoises d’avril 2016.

Trouver des alternatives à court et moyen terme

Fin 2015, les professionnels de l’œuf et les abatteurs se sont rencontrés sous l’égide des pouvoirs publics pour constater l’absence d’alternative à court terme. Le marché africain serait bouché jusqu’à mars-avril annonce Christophe Thébault. Les débouchés en frais ne pourront pas absorber les excédents congelés. La piste de l’équarrissage après abattage n’est pas une meilleure solution que le stockage. Quant au don alimentaire en France, il sera compliqué à activer sur des quantités limitées.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui