Réussir Aviculture 10 septembre 2013 à 11h54 | Par Arnaud Marlet

Trop de poussières dans les couvoirs

L'empoussièrement dans les couvoirs a donné lieu à Aircouv, une étude menée par l'Itavi.

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Tri des poussins éclos. La MSA conseille de généraliser le port d'un masque à valve de type FFP2 au minimum.
Tri des poussins éclos. La MSA conseille de généraliser le port d'un masque à valve de type FFP2 au minimum. - © P. Le Douarin

Les poussières de duvet générées lors de l'éclosion peuvent constituer des vecteurs de contamination pathogène pour les poussins, mais également être à l'origine de pathologies allergiques pour les salariés exposés.
Dans ce contexte, l'objectif de l'étude Aircouv était d'abord de caractériser l'empoussièrement d'ambiance dans des couvoirs chair de Bretagne. Puis, d'évaluer son impact sur la qualité sanitaire des poussins, ainsi que sur la santé des opérateurs.
« Nous avons enquêté dans 18 couvoirs, au sein desquels des échantillons de poussière totale, inhalable et alvéolaire(1) ont été prélevés dans l'air ainsi que directement à hauteur des voies respiratoires de salariés exposés (zone éclosion) et non exposés (zone incubation) », explique Julie Puterflam, de l'Itavi. Les taux moyens de poussière totale, inhalable et alvéolaire sont respectivement de 48,2 mg/m3, 26,4 mg/m3 et 1,1 mg/m3. Soit un taux 228 fois plus important que la normale pour les poussières totales, 50 fois plus pour les inhalables et 5,5 fois plus pour les alvéolaires. « On observe par ailleurs une incidence du taux de poussière totale sur les concentrations bactériennes et fongiques ambiantes », note Julie Puterflam. « Toutefois, cela ne semble pas avoir d'impact sur la qualité sanitaire des poussins. »


Un risque infectieux pour le salarié


L'étude médicale, menée par le docteur Éric Wavelet, de la MSA, auprès de 89 salariés, (dont 60 exposés), a mis en évidence « des dépassements constants de seuils réglementaires ». Pour le médecin, « la composition en micro-organismes véhiculés par le duvet peut représenter un risque infectieux pour le salarié, en particulier si ce dernier est en position de faiblesse immunitaire ».
On constate par ailleurs un nombre de cas plus élevé de toux, crachat et essoufflement que par rapport à la population. Pour Éric Wavelet, les pistes d'amélioration sont de différents ordres : « généraliser le port du masque à valve de type FFP2 au minimum, améliorer la ventilation et généraliser les systèmes de récupération du duvet. Mais aussi, adapter la filtration et l'épuration de l'air et utiliser les systèmes de précipitation électrostatique et d'ionisation négative ».
Une étude similaire va être lancée dans les couvoirs de palmipèdes, avec une prise en compte des spécificités de cette production et des données supplémentaires sur l'évaluation de l'antibiorésistance. Les résultats sont attendus pour la fin 2014.


(1) Les particules de poussière totale ont une taille comprise entre 10 et 100 µm, les inhalables
de 5 à 10 µm et les poussières alvéolaires une taille inférieure ou égale à 5 µm.

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