Réussir Aviculture 18 juin 2015 à 08h00 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

« Tous les maillons de la filière avicole investissent » assure le président de la CFA

Commentant les dossiers avicoles en cours, ainsi que l’actualité des entreprises, Jean-Michel Schaeffer, le nouveau président de la Confédération française de l'aviculture, est optimiste pour l’avenir.

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Jean-Michel Schaeffer : “Prendre le risque d’investir pour reconquérir nos marchés”
Jean-Michel Schaeffer : “Prendre le risque d’investir pour reconquérir nos marchés” - © P. Le Douarin

Partagez-vous le message volontariste des grandes entreprises avicoles ?

Jean-Michel Schaeffer - « Au congrès de la CFA du mois d’octobre, la table ronde avec les deux premières entreprises a effectivement mis en avant leur volonté de reconquête des marchés perdus, notamment ceux de la RHD. Nous avons salué le redressement de la filière poulet export. Nous constatons que les entreprises osent prendre des risques pour contrer la concurrence européenne. Les rapprochements LDC-Avril et Terrena-Doux donnent une cohérence à cette volonté. Aujourd’hui l’état d’esprit est positif avec la volonté de tous les maillons d’investir et de s’organiser. Nous producteurs partageons cette envie, à condition que nous puissions évoluer et réaliser des investissements qui représentent 70 % du total iréalisé par la filière. Cela passe par une meilleure visibilité sur les normes environnementales et des aides aux investissements. »

Que demandez-vous pour relâcher la « pression normative » ?

J. -M. S - « Des simplifications administratives, notamment sur les ICPE, ont été annoncées avant le salon de l’agriculture (40 000 emplacements de volaille au lieu de 30 000 pour le seuil d’autorisation), mais cela reste à améliorer. Il serait vraiment significatif d’alléger les procédures de l’enquête publique et de l’étude d’impact. L’État peut simplifier la réglementation (dématérialisation, réduction des délais…) tout en restant dans le cadre européen. Si l’enregistrement ICPE était plus simple et les procédures plus rapides, cela aurait un réel effet incitatif. »

Êtes-vous satisfait des aides obtenues avec le PCAE* ?

J. -M. S - « Jusqu’à présent l’aviculture n’avait pas le droit d’être directement soutenue. Toutes les formes d’aviculture vont être aidées, même si certaines régions ont voulu privilégier celles sous signes de qualité. Au plan syndical, nous avons milité pour une équité de traitement entre les productions et entre les régions, mais il faut reconnaître que la régionalisation n’a pas facilité la tâche. À notre demande, FranceAgriMer va mettre en place un observatoire afin d’éviter des distorsions trop flagrantes. »

Attendez-vous aussi un coup de pouce des entreprises ?

J. -M. S - « Une des conditions pour mieux rémunérer les producteurs est que les entreprises soient suffisamment performantes et qu’elles investissent. Avant tout, je souhaite un partenariat juste et équilibré entre les maillons, c’est-à-dire une répartition des efforts et un partage équitable de la valeur ajoutée. Et que chaque maillon soit bien organisé et performant. Avec des besoins de bâtiments plus performants, il est certain qu’un coup de pouce serait le bienvenu. Mais je suis réaliste. Ce sera difficile avec des abatteurs sous la pression permanente de distributeurs eux-mêmes de plus en plus concentrés. N’oublions pas que les éleveurs de volaille raisonnent filière quand ils vont rencontrer les distributeurs pour défendre les prix et faire passer les revendications. »

Vous militez pour une participation avicole au FMSE. Dans quel intérêt ?

J. -M. S - « Le Fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE), auquel les agriculteurs cotisent est un fonds d’indemnisation sanitaire. Notre adhésion au FMSE permettrait de sécuriser le revenu des producteurs vis-à-vis de certains pathogènes de catégories 1 et 2, comme les salmonelles. Pour un euro investi par la filière, on peut espérer en récolter quatre par d’autres financements (aides du 2e pilier de la PAC, fonds nationaux…). Nous allons organiser une réunion des filières pour réfléchir ensemble à la constitution d’une section avicole, sachant que les problématiques sanitaires varient selon l’espèce et le maillon. »

 

* Plan pour la compétitivité et l'adaptation des exploitations agricoles.

 

- © P. Le Douarin

Jean-Michel Schaeffer, 37 ans, a repris l’exploitation familiale et assume, comme son père Eugène (pilier du syndicalisme alsacien et national), des responsabilités professionnelles : élu chambre d’agriculture et président de l’ODG Alsace volaille, président de la CFA depuis octobre 2014, vice-président du comité volaille à la Copa-Cogéca depuis mars 2015.

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