Réussir Aviculture 25 juillet 2012 à 10h31 | Par A. Puybasset

Revêtement de sol en volailles de chair - Le bitume plus facile à chauffer que le béton

La SCEA Le Quaireux a revêtu d’un enrobé très compact les sols en terre battue de ses poulaillers. Elle apprécie ce matériau moins difficile à chauffer que le béton et facile d’entretien.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
OLIVIER THIBAULT, CHEF D’ÉLEVAGE DE LA SCEA LE QUAIREUX. « La litière n’est pas colmatée. Elle se détache très facilement du sol. »
OLIVIER THIBAULT, CHEF D’ÉLEVAGE DE LA SCEA LE QUAIREUX. « La litière n’est pas colmatée. Elle se détache très facilement du sol. » - © A.P.

 

 


Pour la SCEA Le Quaireux, un sol bitumé est bien plus avantageux qu’une dalle bétonnée. Sur les 5 000 m2 de surface en poulet et dinde que compte l’exploitation basée à La Ronde, quatre bâti- ments ont été revêtus d’un enrobé, dont le premier en 2008. Les deux poulaillers encore sur terre battue seront rénovés ainsi dès que le sol sera trop abîmé. Ce choix répond avant tout à une problématique de gain de temps et d’organisation du travail, comme l’explique Thierry Marolleau, l’un des dirigeants de l’exploitation deux-sèvrienne. Elle emploie deux salariés à temps plein, en charge des six poulaillers.

 


Le sol et la litière à la même température

 


« Les sols en terre battue doivent être refaits tous les dix ans et cela nécessite beaucoup de main-d’œuvre. Nous voulions trouver une solution pour faciliter le nettoyage et la préparation des poulaillers lors des vides. » Pas question d’investir dans une dalle bétonnée. C’est d’ailleurs pour lui une aberration. « C’est une masse froide, trop dur à chauffer ! », estime-t-il. « L’enrobé bitumineux est plus isolant que le béton. Il emmagasine la chaleur », poursuit Olivier Thibault, le chef d’élevage. « Il n’y a pas de condensation entre la surface de l’enrobé et la couche inférieure de la litière.

 


C’est une surface qui percole légèrement. Les fuites d’eau mineures sont absorbées. Tout cela contribue à des litières plus sèches. On sollicite moins le chauffage. » Lors du curage, la litière se décolle facilement. « Comme il n’y a pas de condensation, elle reste très friable et ne colmate pas », a-t-il observé. Après le lavage des parois, le fumier est retiré grossièrement à l’aide du télescopique. Les finitions sont faites avec la balayeuse du tracteur puis au balai (une journée). Le bitume n’est pas lavé. La coque et le sol sont ensuite désinfectés.

 


Un enrobé plus lisse, compact et moins poreux

 


En plus du gain sur le confort de travail lors du vide, Olivier Thibault constate d’autres avantages communs au béton : l’absence de ténébrions (qui ne peuvent plus migrer en profondeur), la facilité de réglage du matériel de démarrage (sol plat fait au laser) et la faible consommation de copeau (7 kg/m2 au lieu de 9 kg en dinde et 3kg au lieu de 4,5kg en poulet).


Il existe différentes qualités d’enrobés comme il y a différentes qualités de sol bétonné. L’exploitation a sollicité une entreprise voisine spécialisée dans les enrobés bitumineux et qui a développé un produit spécifique pour les bâtiments avicoles (voir ci-dessus). « Beaucoup plus compact, Enrovol® est plus imperméable et plus lisse qu’un bitume routier », explique Frédéric Bonneau, de l’entre- prise Charier. Il reste malgré tout plus poreux qu’une dalle bétonnée (à condition qu'elle soit bien lisse). « L’enrobé est moins avantageux que le béton en termes de maîtrise sanitaire car il reste des interstices difficiles à nettoyer, conçoit Olivier Thibault. Mais c’est mieux que de la terre battue ! Il est toujours possible d’ajouter un enduit (goudron) ou une résine pour obtenir un revêtement très lisse mais on perd l’avantage de la légère percolation du bitume. »


Avec un prix proche d’un sol bétonné (20 euros/m2 dont 12,80 euros pour l’enrobé et 7,80 euros pour la préparation du sol), la SCEA Le Quaireux apprécie la rapidité de mise en œuvre du chantier. Il se déroule sur deux journées et ne décale pas la mise en place du lot à venir : mise à niveau du sol durant une journée et enrobage le lendemain durant 6 heures pour un poulailler de 800 m2. Les engins peuvent accéder au poulailler dès les jours suivants. La rotation annuelle n’est pas impactée.

 

D'autres avis d'éleveurs à lire en pages 22 à 24 de la revue Réussir Aviculture n°juillet-août 2012

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

guigou | 24 octobre 2012 à 15:06:30

c est tres bon

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui