Réussir Aviculture 31 août 2014 à 08h00 | Par P. Le Douarin

« Rester dynamique pour créer de la valeur »

Avec ses méthodes modernes de management, Hendrix Genetics bouscule le secteur français de l’accouvage encore caractérisé par des structures familiales de petite taille. Laurent Taalbi, le coordinateur des opérations d’Hendrix Genetics en France s'en explique.

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Diplômé de Sciences Po, Laurent Taalbi est entré chez Hendrix Genetics France en 2005 avec le rachat d’Isa. Outre le fait d’assurer la coordination française, il dirige la division tradition Caringa et siège au comité de direction du groupe.
Diplômé de Sciences Po, Laurent Taalbi est entré chez Hendrix Genetics France en 2005 avec le rachat d’Isa. Outre le fait d’assurer la coordination française, il dirige la division tradition Caringa et siège au comité de direction du groupe. - © P. Le Douarin

Rappelez-nous qui est l’entreprise Hendrix Genetics


Laurent Taalbi

Hendrix genetics est une société néerlandaise à majorité capitalistique familiale détenue par Thijs Hendrix, associé à des managers clés et avec également un investisseur stratégique institutionnel français depuis 2008 au capital du groupe (Sofiproteol). Le premier pas décisif de développement du groupe a été franchi en achetant l’Isa et SFPA en 2005. En 2011, Hendrix Genetics a acquis Grelier. Aujourd’hui, l’entreprise de sélection et d’accouvage est organisée en cinq divisions par filière : ponte (Isa et SFPA), dinde (Hybrid Turkeys et Grelier), volaille traditionnelle (Caringa et ancienne activité Grelier en poussin standard), porc (Hypor), aquaculture (Landcatch). Elle réalise plus de 300 millions de chiffre d’affaires, dont près des deux tiers en France avec 1100 salariés. Près de la moitié de l’activité française est réalisée grâce à l’exportation.

Hendrix Genetics a choisi d’être un sélectionneur multi-espèces. Quels avantages y voyez-vous ?

L.T.

Nous avons toujours souhaité être numéro un ou deux mondial dans nos espèces afin d’être un spécialiste reconnu et durable. C’est déjà le cas en pondeuse et en dinde. Pour rester dans la course, l’effet taille est primordial, avec un programme de R&D à niveau et un dispositif de diffusion globale solide ayant des implantations internationales. L’intérêt du multi-espèces est d’actionner des synergies et de capitaliser sur des technologies appliquées à tous les métiers. L’avancée du programme de génomique en pondeuse a permis d’aller plus vite en dinde et en porc. Notre laboratoire de génomique de Ploufragan est utilisé pour tous les prélèvements du groupe. Notre système informatique de sélection est une plateforme partagée par toutes nos entreprises. La dimension multi-espèce permet aussi d’atteindre une taille qui offre des opportunités de carrières et de capter les compétences dont nous avons besoin.

 

Comment vous situez-vous dans le paysage français de l’accouvage ?

L.T.

On rencontre deux catégories d’entreprises : celle des intégrateurs et celles des structures familiales et locales, avec quelques cadres efficaces sur lesquels tout repose. Nous nous situons ailleurs. Pour garder le niveau de coût des couvoirs familiaux, il nous faut être suffisamment gros pour bénéficier d’économies d’échelle tout en restant proche du client, et attirer des salariés compétents qui créeront une dynamique  susceptible de générer de la valeur et de la croissance. Nous avons l’ambition d’être une entreprise qui grandit. Pour réussir, il faut réunir des compétences, des produits performants, des résultats économiques. La dynamique de groupe attire du « sang neuf » qui fait évoluer l’entreprise. Par exemple, nous disposons d’un système de reporting financier solide qui est un atout pour obtenir des financements et piloter la croissance du groupe. Hendrix Genetics veut faire plus et différent, tout en répondant à des attentes des filières animales. Il ne faut pas regarder nos activités de manière trop statique et simpliste. Les réorganisations bien conduites permettent de construire des positions de leadership sur le long terme.

 

Ne pas être présent en sélection de poulet à croissance rapide est un handicap pour votre distribution de poussins. Comment y palliez-vous ?

L.T.

En sélection du poulet standard, les jeux sont faits avec Tyson-Cobb et Aviagen, coleaders sur le marché mondial. Après l’arrêt du contrat Aviagen, nous nous sommes tournés vers Tyson avec qui nous partageons de la recherche en génomique. Nous avons dû fermer le couvoir de Saint Père en Retz qui était de petite dimension. Nous concentrons la production des poussins Cobb sur Volnay, un outil plus important qui pourra être agrandi. La transition vers un modèle différent est en cours. Elle prend plus de temps que prévu, ce qui nous a poussé à exporter, mais nous sommes confiants. Nous sommes résolus à proposer une solution génétique alternative. Largement distribué dans le monde, le produit Cobb est « nouveau » pour les Français.

 

Quels sont vos projets de développement pour Caringa?

L.T.

La France a la chance d’avoir préserver une grande diversité génétique dont Hendrix Genetics a hérité en partie. Cette division a été récemment créée pour développer la sélection et surtout la distribution mondiale des volailles traditionnelles et festives. Nous en sommes aux prémices. La réflexion est en cours sur une approche globale du marché tradition. Face au standard, la volaille tradition reste encore une niche sur laquelle il faut apporter de la rationalisation. La priorité est de se mettre en ordre en marche en France avec une masse critique et ensuite de s’aider des leviers et des connexions à l’international pour identifier des marchés et des produits porteurs.

 

Ou en est la réorganisation de l’activité distribution entamée depuis le rachat de Grelier en 2011?

L.T.

La majeure partie de la réorganisation a été réalisée. La première tâche s’est portée sur le secteur de la dinde qui a connu de fortes turbulences au cours de l’année 2013 et où nous avons participé à la consolidation du secteur. Sur le poussin, les anciennes activités d’accouvage en poussin standard de Grelier demeurent stratégiques pour Hendrix Genetics France. Elles sont en partie « hébergées » et gérées par les équipes françaises de Caringa. Le gros de la réorganisation a été réalisé, avec les ajustements en poussin standard. En Volaille tradition, nous avons participé à la consolidation en distribution pintade et poulet labels dans le sud-ouest par la création d’un joint venture avec Maïsadour. Il reste encore quelques ajustements à faire. Au-delà de nos mouvements internes, l’impact de la réorganisation du poulet export pourrait affecter plus structurellement le secteur de l’accouvage français avec un risque de surcapacité à gérer.

 

Comment vous adaptez-vous aux difficultés du marché français ?

L.T.

En étant sans concession sur les améliorations à mener en interne. Nous développons une approche industrielle sur nos métiers, de façon à bénéficier des effets taille. En recrutant des compétences nouvelles de nature à dynamiser les approches et les solutions. En tentant de rationaliser le marché lorsque cela est possible, plutôt que d’attendre une mort lente de l’ensemble du secteur… En investissant fortement (plus de 7 millions d’euros prévus en France cette année). En étant de plus en plus tourné vers l’international, avec le renforcement des équipes commerciales. À plus long terme, le poids de l’export devrait rester important, mais nous voulons conserver des positions importantes en France. Il faut parfois procéder par étape.

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