Réussir Aviculture 03 mars 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

« Rappeler à chacun sa vraie mission » dans le cadre du plan Ecoantibio

Jacques Roberton, membre de la commission aviaire de la SNGTV(1). Au-delà de nouvelles solutions technico-sanitaires et du respect de la réglementation, les facteurs humains et socio-économiques sont primordiaux pour la réussite d’Écoantibio.

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Jacques Roberton : « Le plan Écoantibio 
ne doit pas seulement 
se concentrer sur 
le médicament et 
sur le vétérinaire. »
Jacques Roberton : « Le plan Écoantibio ne doit pas seulement se concentrer sur le médicament et sur le vétérinaire. » - © P. Le Douarin

. Concrètement, qu’a réalisé la SNGTV dans le cadre du plan Écoantibio ?


La DGAL nous a demandés de réaliser des fiches d’améliorations destinées au vétérinaire avec l’objectif de recadrer son intervention. Elles concernent des pathologies pour lesquelles les prescriptions d’antibiotiques sont tout ou partie du traitement. Elles rappellent les conditions du diagnostic et les solutions de traitements à apporter. Ces fiches dépassent le cadre de l’autorisation de mise sur le marché, quand il s’agit de réduire la durée d’administration d’un aliment médicamenteux, ou encore d’exclure un type de principe actif pour certaines indications. La collaboration de la SNGTV avec l’Anses vise aussi à apporter des éclairages sur les besoins de schémas thérapeutiques adaptés aux situations sanitaires nouvelles et à combler les carences thérapeutiques recensées. Ce volet sera l’objet de partenariats avec l’industrie pharmaceutique.


. Comment faites-vous passer le message aux éleveurs ?


Depuis 2007, le bilan sanitaire annuel réalisé avec l’éleveur est la première étape pour faire le point sur les problèmes ayant nécessité le recours à l’antibiothérapie dans un contexte propre à chacun. Ensuite, cela se fait tous les jours, au gré des échanges avec des éleveurs conscients de la même problématique. La décision de ne pas prescrire une antibiothérapie est parfois mal comprise par l’éleveur ou son encadrement. Il y a un besoin de resituer la mission vétérinaire au sein des filières, afin que les enjeux soient compris de tous et que la décision ne soit pas ressentie comme une punition et une prise de risque inconsidérée pour l’équilibre économique de l’élevage.


. Dans quelles directions aller plus loin avec les éleveurs ?


Ce plan est l’opportunité d’améliorer les mesures d’accompagnement sanitaire ou de revoir nos manières de travailler ensemble. C’est par exemple l’amélioration du confort animal qui peut nécessiter des investissements (dalle béton, dalle chauffante, recyclage d’air en sont de bons exemples).
La gestion des effluents est aussi un domaine un peu négligé. L’an dernier nous avons eu des soucis sanitaires liés à la circulation de mycoplasma synoviae, en grande partie liée aux épandages. Cette voie d’amélioration sanitaire nécessitera des investissements (méthanisation, compostage) et une adaptation des méthodes de gestion des fumiers et lisiers. Avec l’application de protocoles destinés à réduire la charge bactérienne émise lors des épandages. Concrètement, nous avons besoin d’arguments (études, essais de l’Itavi, de l’Inra…) et de l’appui des structures agricoles pour vulgariser la prise en charge de cette problématique par les exploitants.



. Comment sensibiliser les partenaires des éleveurs ?


En relation avec l’Anses et l’Itavi, la SNGTV va participer à une enquête sociologique sur l’environnement de la prescription. Il s’agit de mieux comprendre l’ensemble des facteurs non sanitaires qui interviennent dans la décision du vétérinaire, une fois le diagnostic établi. Car la mortalité n’est pas le seul critère déterminant pour la prescription d’une antibiothérapie. S’ajoutent le pronostic et la dimension économique. Un vétérinaire n’est pas seul sur le terrain, même s’il est le responsable principal en tant qu’initiateur de la prescription. Des corps de métiers, gravitant autour de l’éleveur, ont à prendre conscience qu’il faut aider le prescripteur, en ne lui mettant pas une « pression » préjudiciable à sa liberté de prescription. Tout vétérinaire a été confronté au reproche de n’avoir pas prescrit un traitement qui a donné satisfaction ailleurs… Tout le monde doit aller dans le même sens, afin de réaliser au quotidien la synthèse entre la zootechnie (via le technicien), la pathologie (via le vétérinaire) et l’économie (via les structures agricoles).

(1) La Société nationale des groupements techniques vétérinaires organise des formations et diffuse des informations aux vétérinaires et aux filières, réalise des enquêtes, met en place des protocoles d’études, des guides de bonnes pratiques.

- © P. Le Douarin

Pour en savoir plus



http://agriculture.gouv.fr/resistance-aux-antibiotiques

Voir aussi dossier Réussir Aviculture de janvier-février 2014. RA n°193, p. 10 à 19.


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