Réussir Aviculture 15 mai 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Armelle Puybasset

« Prudence sur les volumes en label » met en garde le président du Synalaf

Après une année satisfaisante dans un marché difficile en viandes de volaille, la filière label rouge veut développer les marchés de la RHD et de l'export. Entretien avec Éric Cachan, président du Synalaf.

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Éric Cachan est éleveur de volailles label rouge dans la Sarthe. Il préside depuis dix ans le syndicat national 
des labels avicoles de France.
Éric Cachan est éleveur de volailles label rouge dans la Sarthe. Il préside depuis dix ans le syndicat national des labels avicoles de France. - © A. Puybasset

. Quel bilan faites-vous du marché des volailles de chair de qualité en 2013 ?


Éric Cachan - Avec un même volume de mises en place, le nombre de volailles labellisées a progressé de 2 % par rapport à l'année précédente. En bio, la production a augmenté de 3 %. Ces résultats sont plutôt satisfaisants dans un contexte de marché avicole en légère baisse. Toutefois, depuis le début de l'année, les marchés semblent un peu atones. Il faut que les opérateurs soient prudents en matière de mises en place. Depuis quelques années, la production label rouge a atteint un plateau. Il ne faut pas rêver ! Les volumes additionnels que nous pouvons gagner en développant notre présence sur les segments de la RHD ou à l'export resteront limités.


. Le modèle du label rouge est franco-français avec un mode de production spécifique. Est-ce une force ou une faiblesse ?


É. C. - C'est une force dans le sens où ce modèle, bien en phase avec les attentes du consommateur-citoyen (proximité, naturalité, bien-être, protection de l'environnement), est peu concurrencé par les importations. Néanmoins, il est difficile à exporter, à part dans des pays frontaliers comme la Suisse ou la Belgique qui ont probablement la même fibre gastronomique que la France. Le développement à l'export doit être accompagné, notamment par des opérations d'animations en magasins. C'est essentiel pour faire connaître notre logo label rouge. Cela nécessite des moyens pour développer certains marchés à potentiel comme l'Allemagne.


. La place du poulet label rouge dans les achats de découpe reste faible sur un marché en progression. Comment inverser la tendance ?


É. C. - Il ne faut pas dramatiser la situation et regarder les chiffres. Le label rouge représente 14 % des achats de découpe. C'est déjà beaucoup ! On progresse moins vite qu'en standard mais à l'image de notre modèle, on avance tranquillement ! Nous sommes confrontés à un problème de prix. Une réflexion a été menée au sein du Synalaf pour réduire les coûts de production en découpe. Nous nous sommes opposés à développer un produit « spécial découpe » avec une croissance plus forte et un âge plus faible car nous ne voulons pas perdre nos fondamentaux : le consommateur ne s'y retrouverait pas. Selon nos calculs, la baisse sur le prix du filet aurait été peu importante en rayons. La maîtrise des coûts passe d'abord par une bonne valorisation de tous les produits de la carcasse par l'abattoir en trouvant des complémentarités entre débouchés (les filets pour la GMS, les cuisses en RHD...).


. Le revenu moyen d'un éleveur label qui vient d'investir est très faible. Comment maintenir l'attractivité du métier ?


É. C. - Au-delà des niveaux de revenus qui sont très inquiétants, c'est surtout l'écart de marge poussin aliment entre organisations de production et régions de production qui est important. En conséquence, les dynamiques d'installation sont très différentes. Il se construit quand même de nouveaux bâtiments. Ce qui interpelle, c'est la diversité des situations entre organisations de production. Il y a sans doute encore des restructurations à faire entre groupements, des efforts de rationalisation, des moyens de communication à développer... Il y a un juste milieu à trouver entre l'ancrage territorial adossé à une région et la taille de l'OP.


. Comment appréhendez-vous le passage à 100 % d'aliment bio début 2015 ?


É. C. - Nous ne sommes pas opposés au passage de 95 % à 100 % d'alimentation bio mais nous souhaiterions qu'il se fasse plus progressivement (c'est-à-dire, par exemple 1 % de plus par an pendant cinq ans). Cela laisserait du temps pour développer les moyens de recherches et trouver des matières premières alternatives (au soja bio importé notamment) pour compenser l'augmentation du coût alimentaire. En attendant, nous souhaitons utiliser des acides aminés de bio-fermentation.

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