Réussir Aviculture 24 janvier 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Mise en place des aides exceptionnelles - Un lent soutien d’urgence à la filière du poulet export

Promis par la France et par la Commission européenne, les 34 millions d’euros d’aides pour la filière poulet export française vont mettre du temps à se débloquer.

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Depuis le grand rassemblement de la filière export au Space, les progrès visant à trouver une sortie de crise ont été tenus 
et les solutions 
financières sont encore 
trop temporaires.
Depuis le grand rassemblement de la filière export au Space, les progrès visant à trouver une sortie de crise ont été tenus et les solutions financières sont encore trop temporaires. - © P. Le Douarin

À la veille des fêtes de fin d’année, les partenaires de la filière du poulet export continuaient à travailler avec les services de l’État à la mise sur pied d’un mécanisme satisfaisant pour toutes les parties prenantes. Il s’agit de gérer l’aide exceptionnelle de 15 millions d’euros que la Commission européenne a accepté d’affecter le 22 novembre pour soutenir le poulet export. Cette aide est destinée aux éleveurs et elle sera couplée à des volumes produits en 2014.
Engagées dès le 25 novembre, les réunions techniques devaient déboucher sur une notification à Bruxelles au plus tard fin janvier, qui doit ensuite accepter le dispositif. L’attribution aux éleveurs, et non aux industriels, a fait apparaître deux difficultés. La principale concerne le décalage du versement, comme pour les autres aides PAC couplées.
Avant d’être payés fin 2014-début 2015, les éleveurs devront déposer un dossier de demande d’aide et produire les poulets. Pour ne pas alourdir leur trésorerie et avoir une bonne visibilité économique, les abatteurs préfèrent obtenir un prix du vif défalqué d’un montant à fixer. La solution retenue serait celle d’un organisme intermédiaire de préfinancement qui encaisserait ultérieurement les aides versées aux éleveurs. La seconde difficulté est de garantir une transparence des flux entre les partenaires de la filière export.



Dix-neuf millions d’euros versés par la France


Sur la base d’un soutien à 250 euros la tonne, les 15 millions d’euros européens correspondent à 60 000 tonnes de production. C’est l’équivalent d’un trimestre d’activité. Pour l’ensemble de la filière export, ce premier trimestre sera un trop bref essai grandeur nature de la faisabilité du dispositif.
Au-delà, il reste encore à la filière et aux pouvoirs publics d’imaginer et de concrétiser des mécanismes de financement euro compatibles. En attendant, 19 autres millions d’euros ont été mobilisés en France à travers d’autres dispositifs : 4 millions proviennent de la région Bretagne pour aider les abattoirs à se moderniser. Les 15 autres millions sont mobilisés par l’État : 4 millions d’aides de trésorerie seront affectés aux fournisseurs (sélectionneur, accouveur, fabricant d’aliment, organisation de production) confrontés à des difficultés de trésorerie. Les dossiers de demande doivent être déposés avant le 31 mars auprès de FranceAgriMer.
Une autre enveloppe nationale de 7,5 millions d’euros pour 2013-2014 est dédiée aux investissements dans les abattoirs. Le conseil d’administration de FranceAgriMer a augmenté  cette enveloppe le 26 novembre. Adapté aux entreprises de la volaille, le dispositif vise à accompagner les investissements de celles qui s’adaptent à l’évolution des marchés (export, marché intérieur). Le dépôt des dossiers est en cours avec FranceAgriMer.
Enfin, il reste 3,5 millions d’euros dont la destination n’est pas précisée. En dépit des difficultés techniques à résoudre, la question d’un modèle économique viable et pérenne pour la filière export reste d’une brûlante actualité.
Quels relais financiers vont être activés au courant du deuxième trimestre pour compléter les dispositifs d’urgence ? Aucune piste n’est publiquement évoquée ni par les services de l’État, ni par les professionnels.

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