Réussir Aviculture 11 octobre 2012 à 15h08 | Par P. Le Douarin

marché et matières premières - La filière canard de chair en difficulté

Selon l'interprofession du canard maigre (Cicar), le secteur subit de plein fouet la hausse des matières premières et la contraction de ses débouchés à l'exportation.

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Le canard de chair boit la tasse : les Allemands retardent ou diminuent leurs commandes pour la saison festive et les prix de revient explosent
Le canard de chair boit la tasse : les Allemands retardent ou diminuent leurs commandes pour la saison festive et les prix de revient explosent - © Cicar

Pour Jean-Yves Falaise, la situation est devenue intenable. « Notre filière est traumatisée par la hausse des matières premières » affirme le responsable technique chez Glon-Sanders. Aux alentours de 330 euros/t mi-septembre, l'aliment a augmenté de plus de 100 euros la tonne depuis janvier. L'impact est plus fort sur une espèce ayant un indice de consommation plus élevé (2,7 en moyenne). « Des hausses de 50 à 100 euros la tonne de vif ont été passées, mais c'est largement insuffisant » poursuit notre interlocuteur qui résume : « à ce rythme, on va dans le mur. «

À cette onde de choc s'ajoute la dégradation du marché allemand, qui avec 21 000 tonnes absorbait la moitié des exportations françaises. Ce marché n'est plus porteur depuis l'hiver dernier. Le canard de Barbarie subit les critiques des protecteurs allemands des animaux. En début d'année, des contrats allemands pour des produits congelés n'ont pas été renouvelés ou très mal. En attendant ces commandes, les plannings de production n'ont pas été modifiés. Les opérateurs ont réagi au printemps, mais pas assez fort et les stocks à fin juillet ont doublé en un an. Les baisses de mises en place vont s'accentuer dans un contexte matières premières élevé.

 

Réduire les coûts et passer des hausses

 

La situation est inextricable si ces surcoûts ne sont pas répercutés sur la viande sortant des abattoirs. Il faudrait de l'ordre de + 20 % ! Ceci va pousser à des évolutions techniques. Les sélectionneurs disposent de souches capables de bons rendements filet à moins de 80 jours. Ce qui se traduit par un indice de consommation alimentaire de 2,5 au lieu de 2,7-2,8. Des opérateurs s'engagent déjà sur cette voie. « Ce mouvement va s'accentuer en 2013 » prédit Eric Taillandier, directeur commercial du sélectionneur Orvia. Côté français, la consommation des ménages se tient à + 3,2% sur un an, mais le filet est concurrencé par le magret souvent moins cher. Pour maintenir ce niveau, le Cicar continue à communiquer pour positionner la viande de canard dans le créneau haut de gamme, en France comme en Allemagne.

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