Réussir Aviculture 08 août 2011 à 17h55 | Par A. Puybasset

Maîtrise de l'ambiance - Un poulailler performant avec plafond plat et sol bitumé

Nathalie et Nicolas Doux se sont équipés d’un poulailler C-Lines à plafond plat pour améliorer la ventilation et réduire la consommation énergétique, et d’un sol bitumé pour gagner du temps.

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Avec ce bâtiment C-Lines très hermétique, Nicolas et Nathalie Doux constatent déjà une meilleure ambiance et une baisse de la consommation de gaz, comparées au Colorado d’à côté.
Avec ce bâtiment C-Lines très hermétique, Nicolas et Nathalie Doux constatent déjà une meilleure ambiance et une baisse de la consommation de gaz, comparées au Colorado d’à côté. - © A. Puybasset

Pour Nicolas Doux, optimiser le temps de travail est un impératif. Éleveur de volailles de chair avec son épouse Nathalie à Sallertaine, en Vendée, il est salarié à mi-temps dans une entreprise de béton et exploite une soixantaine d’hectares (foins pour les chevaux). C’est d’ailleurs l’une des raisons qui l’a amené à opter pour une structure C-Lines avec plafond plat et sol bitumé, « plus rapide à vider et à nettoyer », explique-t-il. « Mais l’intérêt principal réside dans la qualité de la ventilation et les économies d’énergie. » La construction du poulailler dynamique de 1 530 m2 utiles s’est achevée début janvier 2011. Il remplace un statique de 1 000 m2 détruit lors d’un incendie. Il est situé en parallèle d’un second poulailler de type Colorado de 1 473 m2 construit en 1999. Un peu déçue par « l’ambiance parfois chargée » de ce dernier (probablement liée à un sol humide), Nathalie qui s’occupe de la surveillance au q u o t i d i e n , redoutait un peu les conditions de travail dans le nouveau poulailler, l’exploitation se trouvant dans une zone de marais. « L’ambiance est sans commune mesure », constate-t-elle après deux lots démarrés en hiver. « On s’y sent très bien. »


BÂTIMENT HERMÉTIQUE


La qualité des matériaux et le concept C-Lines de bâtiment sur mesure ont plu aux éleveurs, même si cela a un coût (prix public moyen de 100 euros par mètre carré). D’une largeur de 15 mètres pour une longueur de 102 mètres, la structure est intégralement constituée d’acier galvanisé avec des travées espacées de 3,2 mètres, ce qui permet à l’installateur de fixer son matériel sur les fermes et d’optimiser la largeur de la coque. Le bâtiment est entièrement habillé de panneaux sandwich, de même que le plafond plat. Les finitions du bâtiment contribuent à le rendre très hermétique : les panneaux latéraux derrière les longrines s’arrêtent à 10 cm du sol, les jonctions sont isolées avec de la mousse de polyuréthane et de la laine de verre, les angles intérieurs sont habillés d’une tôle laquée et siliconée, les portails sectionnels sont en inox, les portes du sas en aluminium sont très étanches… Lorsqu’elles ne fonctionnent pas, les turbines sont même isolées par une porte en PVC équipée d’huisseries de fenêtre! « Le bâtiment est tellement isolé que le calcul des besoins théoriques de ventilation pourrait être un peu revu à la baisse », avance Loïc Huard, de Tuffigo-Rapidex « Nous nous sommes basés sur une capacité d’extraction de 175 m3/heure efficace par mètre carré.On aurait pu faire l’économie d’une turbine. » L’air frais entre par des trappes (Kan’air) situées à 1,57 mètre de haut. Il longe la paroi inclinée à 33 degrés (qui sert de déflecteur), atteint le plafond à 3,94 mètres et est extrait à l’autre pan par huit ventilateurs de 12000 m3 par heure et cinq turbines de 40 000 m3/h. La ventilation est gérée en trois zones par l’automate Avitouch de Tuffigo (quatre vérins). Pour Loïc Huard, le plafond plat contribue à mieux maîtriser le circuit d’air. « L’air monte moins haut et va plus loin.On limite l’ouverture des trappes, ce qui permet de mieux ajuster l’épaisseur de la veine d’air tout en optimisant la consommation de gaz. » « Un plafond plat réduit le volume d’air d’un poulailler d’environ 2,5 m3 par mètre linéaire soit 5 à 6 % de volume en moins, » poursuit Arnaud Bonningue, directeur de C-Lines France. « En tenant compte du fait que la chaleur monte et que l’on chauffe d’abord le haut du poulailler avant d’atteindre la température au sol souhaitée, on estime qu’avec un bâtiment bien isolé et équipé d’un plafond plat, la facture de gaz peut diminuer jusqu’à 50 %. »


VEINE D’AIR MIEUX MAÎTRISÉE


Bien que l’éleveur dispose de peu de recul, les premiers chiffres parlent: la consommation de gaz du lot de poulets démarrés en mars a atteint 735 kg et 500 kg pour celui de mai. « C’est bien moins que la moyenne de 1,75 tonne constatée habituellement sur des lots d’hiver », précise Jacques Couton, technicien d’Atlanvol.Autre intérêt technique signalé par l’éleveur : les lampes Agrilight sont plus basses et diffusent mieux la lumière. « La répartition des poussins est plus homogène », constate-t-il. Pour le reste des équipements intérieurs (installateur Elvéo à Saint Denis la Chevasse), les éleveurs ont opté pour des pipettes Lubing, des mangeoires Multibeck, une rampe de brumisation Tuffigo et deux aérothermes Eoss de Systel avec brûleurs progressifs. L’investissement total s’élève à 302 000 euros (soit 197 euros/m2) dont 121 000 euros pour les équipements intérieurs. Les éleveurs ont participé aux travaux de maçonnerie et bénéficié d’un accompagnement de 10,50 euros/m2 de leur organisation de production Atlanvol. Sur les trois premiers lots de poulets de 40 jours, la marge poussin aliment dégagée a été de 9,57 euros/m2 (soit 0,58 euro de plus que celle du bâtiment voisin).


197 EUROS D’INVESTIS PAR MÈTRE CARRÉ


Concernant l’organisation du travail,Nicolas se dit satisfait. « Revêtus d’une tôle laquée, les panneaux du plafond retiennent moins la saleté. Ils sont plus facilement accessibles avec la lance du nettoyeur haute pression à eau chaude. » Et de conclure. « J’ai divisé par deux le temps de lavage du bâtiment. »

Plafond plat à environ quatre mètres de haut. Au sol, l’enrobé a été coulé dans la partie centrale du bâtiment. Les côtés sont recouverts
d’un trottoir bétonné de 1,5 mètre de large.
Plafond plat à environ quatre mètres de haut. Au sol, l’enrobé a été coulé dans la partie centrale du bâtiment. Les côtés sont recouverts d’un trottoir bétonné de 1,5 mètre de large. - © A.P.

Le sol recouvert de 22 cm d'enrobé


Pour éviter les problèmes de remontée d’humidité et de litière grasse, Nathalie et Nicolas Doux ont souhaité investir dans un revêtement de sol. Ils ont cherché une alternative plus économique que le sol bétonné. « La pierre de chaux est moins coûteuse mais je craignais que le passage des engins ne finisse par créer des ornières, explique Nicolas Doux. J’ai préféré l’enrobé. »

Curage plus aisé

L’entreprise de travaux publiques a fait des essais de résistance du sol, l’élevage se situant près de marais. L’épaisseur d’enrobé de 22 cm à une densité de 270 kg/m2, deux fois plus importante qu’habituellement, est coulée sur une couche de 10 cm de cailloux cylindrés. L’enrobé est réparti sur 1 350 m2 sur la partie centrale du bâtiment. Par contre, le pourtour du bâtiment est revêtu d’un trottoir bétonné de 1,5 mètre de largeur sur les côtés et de 4 mètres du côté des pignons. « C’est la zone où les pneus des engins patinent le plus », explique l’éleveur. Le coût de l’enrobé s’élève à 23000 euros auxquels s’ajoutent les trottoirs en béton (27000 euros au total). L’éleveur a estimé l’économie à 15000 euros par rapport à un sol entièrement bétonné. Le bitume est néanmoins plus poreux et l’impact sur la qualité de la désinfection à long terme reste à confirmer. Les éleveurs apprécient le gain de temps lors de la préparation de la litière (absence de creux) et lors du curage en fin de lot. Il suffit d’une demijournée pour vider le fumier puis une autre pour laver. La balayeuse est passée le lendemain (deux godets ramassés en tout). « Le bâtiment est prêt en deux jours. »

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