Réussir Aviculture 11 septembre 2012 à 14h47 | Par P. Le Douarin

Ludovic Marzin investit à moindre coût

Sans terres, sans argent, sans formation, mais très motivé, Ludovic Mazin réalise son rêve d’adolescent en devenant producteur de poulet dans les Deux-Sèvres.

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ENCOURAGÉ PAR JEAN-FRANÇOIS BROSSET ET SAMUEL RICHARD (à sa gauche) de
ENCOURAGÉ PAR JEAN-FRANÇOIS BROSSET ET SAMUEL RICHARD (à sa gauche) de - © PLD

 

 


C’est dans le fief de la production du lait de chèvre, à Sepvret dans le sud des Deux-Sèvres, que Ludovic Mazin a monté un projet atypique par bien des aspects. Il n’est pas agriculteur, mais d’origine agricole. Armé d’un CAP agricole, il a dû bifurquer vers le métier de plombier-chauffagiste salarié, faute de capacité financière pour s’installer.


« Quand j’étais élève au Lycée agricole de Melle, je n’avais que la volaille en tête, mais là-bas, on parlait de vache ou de chèvre.» La volaille est quasi absente dans ce secteur agricole de grandes cultures et d’élevage de ruminants. Le déclic s’est produit en intervenant chez un agriculteur qui se convertissait au poulet Bio avec la société Mercier, filiale de la Ciab.


À 35 ans, Ludovic a tout remis en cause et a décidé de réaliser son rêve. Jean-François Brosset, en charge du développement pour la coopérative avicole vendéenne, a cru en lui. Il a saisi l’occasion pour tenter de créer un noyau d’éleveurs polyvalents en poulet-dinde autour de ces deux pionniers. Situés à 140 kilomètres des abattoirs (Les Essarts en poulet ou Saint- Fulgent en dinde), ces élevages se trouvent en limite sud de la zone de recrutement.

À l’œuvre tous les jours de novembre à mars

La dernière particularité de Ludovic est d’avoir auto construit le poulailler de 1 300 m2 utiles. « Je suis parti de rien. Sans capital, il me fallait un bâtiment économique. » Il a choisi une structure en demi-lune de marque Le Triangle, qu’il a monté lui-même. « Je suis parti de chez mon employeur après une rupture conventionnelle, ce qui m’a permis de créer mon entreprise et de recevoir une indemnisation le temps de la construction, résume t-il.


De novembre à mars, j’y étais tous les jours. » Le bâtiment à arceaux métalliques s’assemble comme un Mécano géant. Les arrondis sont montés en usine. Restait à l’éleveur à les assembler avec les poteaux livrés démontés. Ludovic a bénéficié de l’assistance ponctuelle de deux monteurs de l’entreprise. Il a beaucoup été aidé par son entourage, notamment pour la pose des panneaux isolants (de 4 cm) et de la toiture (laine de verre de 8 cm et pose des bâches).


L’éleveur est aussi très largement intervenu pour la maçonnerie et l’assemblage de l’équi- pement intérieur. Il s’agit d’un matériel éprouvé : 4 lignes de pipettes Lubing (2 de poulet et 2 de dinde), 2 lignes de mangeoires Multibeck Le Roy, 2 canons Systel, une régulation Tuffigo, un éclairage par néons.


Accompagnement technique 24 heures sur 24


Au total, son installation est revenue à 229 000 euros (176 euros/m2). En auto construisant, le responsable développement Ciab estime que Ludovic a économisé 30 à 35 000 euros (voir détail). Le site est opérationnel depuis le mois de mars. Il avait sorti 3 lots de poulets standards au 5 juillet. Le dernier lot a dégagé 8,30 euros/m2 de marge poussin aliment pour 29 900 poussins mis en place. L’éleveur bénéficiera d’une prime annuelle de 2 600 euros pendant dix ans (2 euros/m2 au lieu de 3 euros avec un bâtiment en dur).


Pour le sécuriser, il aura aussi une marge annuelle garantie pendant 5 ans. En poulet, elle est actuellement de 54 euros/m2/an. Si la MPA est inférieure, elle sera compensée jusqu’à 54 euros avec un complément maximal de 5 euros/m2. S’ajoutent la prise en charge des analyses vétérinaires, l’avance de trésorerie et le paiement rapide (2 à 3 semaines). Ludovic avait quelques inquiétudes quant à sa capacité à bien conduire les premiers lots. Il a vite été rassuré. Malgré son éloignement, il voit son technicien Samuel Richard deux fois par semaine. En cas de problème, même le dimanche matin, celui-ci sait se rendre disponible pour le conseiller par téléphone. C’est presque de l’accompagnement 24 heures sur 24.

 


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Détail de l'investissement
Détail de l'investissement - © PLD

 

 

 

 

 



 


Encore des projets plein la tête

 


Ludovic Mazin ne compte pas se contenter d’un seul poulailler. Son objectif n’est pas de dégager un demi-smic. D’ores et déjà, deux autres poulaillers sont programmés. L’enquête publique est en cours. L’absence de nuisances constatée par le voisinage résidentiel ne devrait pas soulever autant de réticences que pour le premier poulailler. L’éle- veur aimerait auto construire. « Cela dépendra de mes disponibilités, reconnaît-il. C’est pourquoi, il aimerait le faire dans les trois années à venir. En effet, « je vais aussi prendre la suite de mon beau- père agriculteur, avec 70 hectares de cultures (blé, tournesol, maïs) et tout le matériel. » Pour le moment, Ludovic emprunte le matériel dont il a besoin aux agriculteurs voisins. Jean-François Brosset tempère un peu cet enthousiasme. « Voyons déjà ce que cela va donner avec deux. Pour le troisième, il faudra peut-être attendre un peu. »

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