Réussir Aviculture 01 avril 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Les pistes de MG2mix pour sécuriser la digestion des volailles

La journée technique de MG2mix a eu pour thème l’exploration des solutions amélioratrices de la digestion des volailles de chair, avec ou sans soja.

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Reproduction des entérites non spécifiques en station. De mauvaises conditions d'élevage peuvent provoquer des entérites, y compris en production à croissance lente.
Reproduction des entérites non spécifiques en station. De mauvaises conditions d'élevage peuvent provoquer des entérites, y compris en production à croissance lente. - © MG2mix

Par le passé, nous avons beaucoup testé en station des solutions nutritionnelles censées agir sur les entérites non spécifiques (ENS), mais nous n’arrivions pas à mettre des effets en évidence », expliquait Vincent Gerfault, directeur général de MG2mix, lors de la journée volaille du 21 janvier 2016 organisée par la firme-service. Pour poursuivre la recherche des solutions qui fonctionnent dans les élevages, les ingénieurs de la firme service ont créé un modèle expérimental qui provoque les ENS. Cet état digestif qui se manifeste par de la diarrhée liquide, des litières grasses et finalement de sous performances a des origines multiples. Pour le reproduire, ils ont cumulé un challenge alimentaire et un challenge thermique sur des poulets, en utilisant des aliments viscosants (à dominante blé, sans enzyme) et en appliquant plusieurs chocs thermiques (baisse de 8 à 10 °C pendant deux jours). Les effets ont été visibles, en termes d’état des litières, d’inconfort des poulets et de baisse de performances (+ 4 % d’IC à 21 jours). Désormais, la firme service dispose de l’outil adéquat pour tester des solutions sécurisant la digestion.

Quatre principes actifs aux actions complémentaires

Dans ce domaine, MG2mix apporte déjà une proposition avec Defitox, un additif alimentaire contenant quatre produits (argile smectite, parois de levures, charbon actif, extraits de plante) qui agissent à différents niveaux : antitoxicité, détoxification, drainage hépatique, muqueuse intestinale. En poulet standard, par rapport au témoin une légère amélioration est observée sur la période de comparaison (10-21 jours), s’estompant à 33 jours (même poids et indice légèrement inférieur). Utilisé en station sur des canards prêts à gaver, le Defitox aboutit à un meilleur indice (-1,6 % à 77 jours) avec un poids légèrement inférieur au témoin. Des essais en cours sur Barbarie en croissance laissent entrevoir une baisse des problèmes digestifs. Le produit n’a pas été testé en dinde. D’autres démarches similaires sont démarrées avec des probiotiques et le seront ultérieurement avec des acides.

Le « sans soja » possible sous conditions

Les autres pistes alimentaires explorées par la firme service concernent la formulation sur la protéine idéale, en s’intéressant aux niveaux d’incorporation des acides aminés et pas seulement aux protéines dans leur ensemble (MAT). Affiner la formulation aura aussi pour effet de diminuer le niveau de MAT. Cette voie est particulièrement intéressante dans une démarche de formulation sans soja. Celui-ci est remplacé par des acides aminés de synthèse et par d’autres matières protéiques. C’est possible en poulet avec des drèches et tourteaux secondaires (colza/tournesol) au prix d’une légère dégradation des performances (surcoût du vif d’environ 50 €/t). C’est aussi possible avec du pois et de la féverole décortiqués, pratiquement sans dégradation des résultats techniques. Mais il existe un surcoût (10 à 20 euros/t) et surtout des incertitudes sur les disponibilités en matières décortiquées. En canard, les tourteaux secondaires permettent d’obtenir des performances proches du standard, mais avec des animaux plus sales, des lots plus hétérogènes et un rendement filet dégradé d’un point. Se passer du soja est donc possible, mais à condition d’une fourniture sécurisée. Il restera aussi un surcoût de production à répercuter. Enfin, Denis Chevalier a souligné que la troisième manière d’améliorer le bien être intestinal des volailles passait par le bien être global et par la réduction des stress. Les marges de progrès existent pour le traitement des griffes et du bec des canards, pour les pododermatites des poulets, pour la mortalité des dindes en fin de lot. Sur cette production, MG2mix vient de lancer une enquête de terrain sur les ruptures d’aorte et de tendons dans les élevages à risque.

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