Réussir Aviculture 20 janvier 2015 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Les outsiders des métiers de la viande continuent à se fragiliser

La dernière publication de l’Observatoire financier du Crédit agricole souligne les difficultés financières des grandes entreprises du secteur des viandes tandis que les leaders s’en sortent bien.

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L’outil de production est en général maintenu en état, mais 
il a tendance à vieillir.
L’outil de production est en général maintenu en état, mais il a tendance à vieillir. - © P. Le Douarin

Partenaire privilégié de l’agriculture, le Crédit agricole suit de très près l’évolution économique de quelque 2500 entreprises agroalimentaires (IAA) qui ont généré 181 milliards d’euros d’activité en 2013. Publiée fin novembre, la dernière livraison de son observatoire financier des IAA pointe surtout les faiblesses d’un secteur qui est le premier employeur industriel français. L’analyse du Crédit agricole est réalisée par filière (viandes, lait, vin…), par métier et par taille d’entreprise (quatre segments : petit, moyen, grand, leader).
Quatrième en chiffre d’affaires (22,2 milliards de CA), le secteur viandes comprend quatre métiers : la volaille (22 % du CA viandes), l’abattage hors-volaille, la découpe des viandes de boucherie et la charcuterie-salaison. Le métier volaille est le plus concentré des quatre, avec ses trois premiers réalisant 80 % de l’activité globale. Les petites entreprises (2 à 10 millions euros de CA) et moyennes (10 à 50 millions) pèsent pour moins de 5 % de l’activité.

- © Infographie Réussir

Les leaders arrivent à tirer leur épingle du jeu


Avec une hausse de 4,1 % en 2013 par rapport à 2012, le chiffre d’affaires volaille explique 40 % de la progression du secteur viandes (+ 1,8 %). La banque souligne le dynamisme des viandes les moins chères et une orientation de la demande intérieure porteuse pour la volaille. Mais l’export ne pèse que 10 % de l’activité volaille. Ce sont les petites et moyennes sociétés qui ont le mieux progressé (+ 5,8%).
Côté rentabilité, les charges de fonctionnement se stabilisent, en partie grâce au crédit d’impôt emploi compétitivité (Cice). Le taux de marge brute reste stable à 40,5 %, tandis que la rentabilité d’exploitation (rapport Ebitda sur chiffre d’affaires) s’améliore de 0,6 % pour atteindre 4 %. Elle était en baisse constante depuis 2009 (4,5 %).
Hors données financières, l’Ebitda(1) mesure la maîtrise technique des entreprises. Celles qualifiées de grande taille (50-500 millions de CA) se démarquent par une rentabilité d’exploitation inférieure d’un point (30 % d’écart à la moyenne) tandis que les leaders (plus de 500 millions de CA) l’améliorent.
Selon Baptiste Lelyon, expert viandes au Crédit agricole, ce sont les grandes qui souffrent le plus d’un manque de rentabilité. Les petites et moyennes arrivent à se différencier sur des marchés de niches, de qualité ou de proximité, tandis que les leaders ont les moyens de développer une politique de marques pour faire le poids face à la grande distribution.
En dehors des entreprises à plus de 1 milliard de CA, depuis 2009 la capacité d’autofinancement (CAF) est nulle ou négative. La moitié des entreprises dégagent une CAF inférieure à 1 % du CA. Elles ont du mal à investir et prennent de plus en plus de retard de compétitivité. Par contre, avec une CAF qui remonte vers les 4 % en 2013, les leaders ont toujours la capacité à investir. En termes financiers, le métier volaille est peu endetté (moins de deux ans d’Ebitda) mais investit trop peu.
Globalement la volaille a investi l’équivalent de 15 % de sa valeur ajoutée en 2013, mais l’outil de production est amorti à 65 %, bien au-dessus de la moyenne des IAA. C’est le cas de la quasi-totalité des opérateurs souligne le Crédit agricole. Selon la logique économique, les opérateurs aux résultats dégradés doivent réagir pour rattraper leur décrochage, et pour peser face à leurs acheteurs majoritairement de la grande distribution. Ce segment de taille va évoluer de gré (par des alliances) ou de force (par des disparitions).


(1) Ebitda = produits d’exploitation  - charges d’exploitation (hors amortissements et provisions).

- © DR

Trente pour cent des PME de la volaille sont en risque de défaut dans les douze mois.

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