Réussir Aviculture 15 novembre 2013 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Les doutes de l’accouvage français

L’assemblée générale du syndicat national des accouveurs et sélectionneurs a révélé l’inquiétude d’une profession confrontée à une perte de compétitivité quasi générale.

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Jeunes poussins chez un accouveur français.
Jeunes poussins chez un accouveur français. - © P. Le Douarin

En évoquant la situation de l’accouvage en Europe, la rencontre nationale des accouveurs du 18 octobre a mis le doigt là où ça fait mal. Autrefois réputée pour avoir un coût du poussin standard parmi les plus bas, la France se retrouve désormais dans la moyenne européenne. La comparaison avec nos voisins est révélatrice : moins d’investissements dans des couvoirs de plus petite taille, moins d’acquisition de machines de dernière technologie, moindre concentration des opérateurs.
Selon un recensement du SNA, la France compte 103 établissements en métropole, dont 51 en poussin de chair. Le tout pour 1,76 milliard d’œufs à couver (OAC) produits en 2012. À comparer aux dix-sept couvoirs néerlandais produisant 1 milliard d’OAC de poule.
Ce n’est donc peut être pas un hasard si un tiers de l’accouvage français (en volume) se trouvait en redressement judiciaire en septembre. Pour l’instant, cette perte de compétitivité ne s’accompagne pas d’une perte de marché. Les opérateurs français continuent d’acheter du poussin français.


Défendre l’origine France

Accepteront-ils encore longtemps d’acheter plus cher que leurs compétiteurs européens ? Seront-ils tentés d’aller voir ailleurs ? À cette question, Dominique Perrot du couvoir Perrot dans les Côtes-d’Armor répond que le risque existe. « Pour l’instant, nous sommes sauvés par le concept de la volaille française, née, élevée et transformée en France. Et nous devons persuader la grande distribution de mettre en avant l’origine. »

Louis Perrault, président du SNA.  « Je suis désolé de voir combien nous perdons de temps dans la volonté de reconquête de notre marché intérieur. »
Louis Perrault, président du SNA. « Je suis désolé de voir combien nous perdons de temps dans la volonté de reconquête de notre marché intérieur. » - © P. Le Douarin

Dans son rapport, le président Louis Perrault a regretté le manque de soutien politique français et européen à l’aviculture, quand d’autres pays en font une politique exportatrice. Au moment où les matières premières connaissent une détente, il a demandé aux industriels de ne pas céder sur les prix de vente face aux GMS « prompts à saigner les producteurs ». Enfin, il s’est interrogé sur l’avantage de la fameuse diversité avicole française, source de concurrence franco-française qui disperse les énergies.

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