Réussir Aviculture 30 mars 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Armelle Puybasset

Les conditions de réussite d’un projet

Selon l’association Aile, la réussite d’un projet repose sur cinq piliers : le porteur de projet, l’approvisionnement en substrats, la valorisation du biogaz, la gestion du digestat et l’équilibre financier.

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L'Ademe propose un seuil de sécurisation de 50% en gisements internes (effluents de l'élevage, cultures).
L'Ademe propose un seuil de sécurisation de 50% en gisements internes (effluents de l'élevage, cultures). - © A. Puybasset

Quelles questions se poser en début de projet ?

Simone Hruschka et Jeanne Lencauchez de l’association Aile  - Ai-je le temps et les moyens (techniques, financiers) d’entretenir et de concrétiser le projet ? Le fumier de volaille ne pouvant être méthanisé seul, ai-je suffisamment d’intrants disponibles en interne pour équilibrer la ration (autres effluents, cultures intermédiaires) ? Y a-t-il des apporteurs potentiels à proximité? Quels sont les débouchés pour l’énergie : valorisation de la chaleur sur la ferme ou par des tiers, production d’électricité, injection de biométhane dans le réseau…

Quelle est l’autonomie minimale d’intrants à respecter?

S. R. et J. L. - La dépendance aux approvisionnements extérieurs est un des facteurs à prendre en compte dans la gestion du risque. Elle est évaluée au cas par cas. L’Ademe propose un seuil de sécurisation de 50% du méthane produit avec les gisements internes.

À qui faire appel pour construire son projet ?

S. R. et J. L. - L’offre d’accompagnement est aujourd’hui plus développée qu’il n’y a quelques années. L’éleveur peut s’adresser à des structures telles que Aile, les chambres d’agriculture, des centres de gestion ou des bureaux d’études. Des outils d’auto-diagnostic disponibles sur internet (Méthasim ou l’outil de simulation de BioEnergyFarm (1)) aident à évaluer la puissance de production et les coûts d’investissement.

Jeanne Lencauchez et Simone Hruschka  de l’association Aile. "
Jeanne Lencauchez et Simone Hruschka de l’association Aile. " - © V. Bargain

Quel sera le montant d’investissement ?

S. R. et J. L. - La fourchette se situe entre 9500 et 12 000 euros/kWe installé pour la microméthanisation (moins de 80 kW), entre 7500 et 9500 euros pour la méthanisation en voie liquide et de 7000 à 12 000 euros pour une installation collective. Le retour sur investissement maximal accepté par les financeurs publics était jusqu’à présent de 12 ans sans aide, avec des contrats de rachat d’énergie sur 15 ans. Le taux d’aide est calculé pour ramener la rentabilité brute d’un projet à 6-7 ans.

Quels sont les coûts de fonctionnement ?

S. R. et J. L. - Entre la surveillance et la gestion des substrats, le temps de travail varie d’une à trois heures par jour selon la taille. Il faut aussi tenir compte des frais d’entretien du cogénérateur (1,5 à 2 centimes d’euro/kWh produit), de la consommation d’électricité du process (5 à 10% de l’électricité produite), de l’assurance (0,5 à 1% de l’investissement total), du surcoût d’épandage, du coût de production des intercultures (300 à 400 €/ha) et de la consommation de fioul.

Quel est le seuil de rentabilité pour l’injection de gaz ?

S. R. et J. L. - La rentabilité de l’injection directe devient intéressante à partir de 40 NormoM3/h de biométhane. Ceci correspond grosso modo à une unité de 180 à 200 kWe avec 12 000 à 20 000 tonnes de substrats traités. Cela dépend aussi de la distance du réseau de gaz et du coût de raccordement.

Quelles sont les possibilités de subventions ?

S. R. et J. L. - L’Ademe et plusieurs régions (Bretagne, Pays de la Loire, Rhône-Alpes…) accompagnent le développement de la méthanisation depuis 2007. En 2016, les subventions à la méthanisation seront redéfinies en fonction de l’évolution du dispositif de soutien tarifaire et des orientations prises par les collectivités territoriales.

Comment est valorisé le digestat ?

S. R. et J. L. - Le digestat est considéré comme un déchet selon la réglementation ICPE. Il est lié au plan d’épandage, au même titre que les effluents. Il est toutefois possible d’obtenir une autorisation d’exportation du digestat, sous conditions (2).

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