Réussir Aviculture 07 juillet 2015 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

Les barrières non-tarifaires, principal enjeu de l’accord

Les échanges transatlantiques sont actuellement inexistants en viande et déséquilibrés en œufs. Du fait de coûts américains plus compétitifs, le flux potentiel, en l’absence de barrières, serait majoritairement des USA vers l’Europe.

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La demande américaine s'oriente de plus en plus vers le blanc d'œufs, pour des raisons diététiques. Une opportunité pour l'Europe, exportatrice de blanc ?
La demande américaine s'oriente de plus en plus vers le blanc d'œufs, pour des raisons diététiques. Une opportunité pour l'Europe, exportatrice de blanc ? - © P. Le Douarin

Les négociations sur l’accord de libre-échange démarrées depuis 2013 se font entre deux géants de l’agriculture. Les États-Unis et l’Europe sont respectivement 2e et 3e exportateurs mondiaux de viandes de volailles. Pourtant, les échanges entre les deux blocs sont quasiment inexistants. Leurs exportations, qui représentent 20% de la production aux USA et 11% en Europe, se font sur des marchés de dégagements. «Tous deux valorisent le filet sur leur marché intérieur et exportent les produits moins demandés, comme la cuisse pour les USA ou les ailes pour l’Europe», précise François Cadudal, de FranceAgriMer. L’Union européenne est plus ouverte aux importations que les USA (8% contre 1% de la consommation). Les USA bénéficient depuis 2007 de contingents à droits réduits « viande de volaille » pour approvisionner l’Europe mais ceux-ci ne sont pas utilisés. Cela s’explique par les mesures de protection non-tarifaires entre les deux zones (divergences sur les normes sanitaires notamment sur la décontamination des carcasses) et non pas pour des raisons de compétitivité.

François Cadudal de FranceAgriMer : « Les contingents européens sont devenus inefficaces pour protéger le marché intérieur en viande de volailles mais jouent un rôle important en filière œuf. »
François Cadudal de FranceAgriMer : « Les contingents européens sont devenus inefficaces pour protéger le marché intérieur en viande de volailles mais jouent un rôle important en filière œuf. » - © A. Puybasset

Des coûts de production américains plus compétitifs

FranceAgriMer a simulé le prix d’une tonne de viande de poulet désossée congelée américaine « arrivée » sur le marché européen. « Seuls les droits de douanes réduits induisent un prix américain supérieur au prix de produits européens. En leur absence, les prix américains deviennent très compétitifs. Dans le cadre d’un accord bilatéral, les flux se feront théoriquement davantage des USA vers l’Europe, estime l’économiste. Cependant, à court terme, les volumes échangés devraient être limités du fait que leurs filières sont focalisées sur leur marché intérieur. Les importations américaines se feront probablement en substitutions de celles provenant du Brésil.» « L’ouverture du marché européen intéresse les opérateurs américains mais ils trouvent les réglementations contraignantes. Leur attention se porte davantage sur l’Asie », complète Camille Deman, de l’Itavi. Moins compétitive sur le poulet standard, l’Europe aurait une carte à jouer sur les produits à plus forte valeur ajoutée comme le label et le bio, très chers aux USA.

- © Infographie Réussir

Une opportunité européenne pour le blanc d’œuf

Le contexte diffère un peu en œuf, où les échanges entre les USA et l’Europe sont déséquilibrés. Quarante pour cent des approvisionnements extérieurs de l’UE proviennent des USA tandis que les échanges en sens inverse sont quasiment inexistants. Là encore, pour des raisons non-tarifaires. Aucune entreprise avicole européenne n’a l’agrément de l’USDA (département de l'agriculture américain), indispensable pour exporter vers les États-Unis. Les réglementations sanitaires s’opposent : aux USA, les œufs sont obligatoirement lavés, une pratique interdite en Europe. « Il y aurait pourtant des opportunités de marché, du fait d’un déséquilibre entre le jaune et le blanc d’œufs : l’Europe utilise beaucoup de jaune et exporte du blanc. Aux USA, la demande s’oriente de plus en plus vers le blanc d’œuf", relève François Cadudal. Mais cela sous-entend que les conditions d’agrément des entreprises exportatrices européennes soient facilitées, dans le cadre des accords de libre-échange.

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