Réussir Aviculture 04 septembre 2012 à 14h32 | Par P. Le Douarin

Les antibiotiques au menu des Rippa

Les Rencontres interprofessionnelles de pathologies aviaires (Rippa), organisées par Chêne Vert conseil, ont souligné l’urgence pour les maillons de la filière à agir ensemble afin de freiner l’antibiorésistance.

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ALAIN PHILIPPON : « Concernant les fluoroquinolones, la situation est grave dans certains pays, notamment d’Asie. Il faut vraiment établir des règles internationales de bonne conduite des usages. »
ALAIN PHILIPPON : « Concernant les fluoroquinolones, la situation est grave dans certains pays, notamment d’Asie. Il faut vraiment établir des règles internationales de bonne conduite des usages. » - © P. Le Douarin

 

 


Le 7 juin à Rennes, trois cents participants ont assisté à la journée d’information et de réflexion des Rippa uniquement consacrée au meilleur usage des antibiotiques. Deux de ces interventions, celles de Jacques Roberton et de Jean- Yves Madec, ont déjà été présentées dans notre dossier du mois de juillet-août consacré à l’antibiorésistance. Nous revenons sur l’intervention d’Alain Philippon, médecin et vétérinaire, et sur les points de vue exprimés à la table ronde finale.


Pour l’ancien chef de service à l’hôpital Cochin, la résistance aux antibiotiques acquise par le monde bactérien « est un enjeu majeur de santé publique à cause de la multirésistance et de l’absence d’antibiotiques nouveaux. Il faut continuer à sensibiliser à tout prix les prescripteurs et les utilisateurs au meilleur usage des antibiotiques, a martelé le bactériologiste hospitalier.

 


Désormais, certains malades sont devenus intraitables aux antibiotiques. » Et de citer des patients revenant de voyages exotiques, porteurs de salmonelles multirésistantes ou encore de colibacilles « indiens » de type NDM-1.


Éviter absolument l’impasse thérapeutique en médecine humaine


L’inquiétude est telle que certains médecins craignent un retour à l’ère d’avant les anti- biotiques. Si rien n’est fait, à terme on pourrait risquer de mourir d’une infection à staphylocoque doré contractée à l'hôpital après la pose d’une banale prothèse de hanche.


Les trois plans pour un meilleur usage des antibiotiques lancés en France depuis 2001 ont certes eu des effets, mais la vigilance devra être permanente. Avec le premier, la prescription de ville avait baissé de 16 % en moyenne et de 35 % en pédiatrie. De consommateur européen numéro 1, la France était devenue n° 4. Le deuxième plan a connu une stagnation. « Malgré les politiques mises en place, les résistances des colibacilles (aux BLSE, aux céphalosporines) augmentent encore » constate Alain Philippon.


Des progrès peuvent encore être obtenus. Selon le Pr B. Schlemmer, coordinateur national du second plan, « la moitié des prescriptions d’antibiotiques sont mal ciblées et inutiles. » Il faudrait donc peut être plus coercitif, tant en médecine humaine que vétérinaire, et inciter encore plus fortement au développement de nouveaux antibiotiques ou de méthodes alternatives. Le slogan du 3 eme plan, « les antibiotiques utilisés à tort deviennent moins forts », est plus que jamais d’actualité.



Table ronde des Rippa
Table ronde des Rippa - © PLD

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