Réussir Aviculture 17 mars 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Le phosphore tiraillé par les normes

La réglementation environnementale relative au phosphore devient un enjeu fort, comme a pu l’être celle de l’azote à partir des années quatre-vingt-dix.

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Il faut désormais veiller à ne pas dépasser la dose que les sols ne sont pas capables d’exporter via les cultures.
Il faut désormais veiller à ne pas dépasser la dose que les sols ne sont pas capables d’exporter via les cultures. - © P. Le Douarin

Élément chimique impliqué dans l’eutrophisation des eaux douces, le phosphore est l’objet de l’attention des défenseurs de l’environnement et des législateurs, notamment dans le cadre des plans d’épandage des installations classées. Il faut désormais veiller à ne pas dépasser la dose que les sols ne sont pas capables d’exporter via les cultures. Au sein d’une même région administrative, la doctrine peut varier. En Bretagne, trois départements (Côtes-d’Armor, Finistère, Morbihan) fixent des valeurs maximales (95 uP/ha en volailles) quand l’Ille-et-Vilaine exige un équilibre strict entre apport et exportation culturale (d’environ 70 uP/ha selon l’assolement). Du fait d’un rapport entre N et P défavorable aux fumiers de volailles (eu égard aux besoins des cultures), c’est le phosphore qui devient le facteur limitant l’apport organique. Ce qui peut obliger l’éleveur à compléter sa fertilisation avec de l’azote minéral dans une région en excédent d’azote organique.

Plus de douze hectares pour un 400 m2 bio

En volailles, le nombre d’hectares nécessaires au plan d’épandage est élevé par unité de production : de 9,1 ha pour un 400 m2 en poulet label à 64,2 ha pour un 800 m2 en canard de chair.

Du fait de la baisse officialisée de la teneur en phosphore des déjections des volailles, la révision des normes de rejet prises en compte (1) permet de réduire ces surfaces de 21 % en poulet label et de 35 à 40 % en poulet et canard. Il existe deux exceptions notables : de + 17,8 % de rejet phosphoré pour le poulet bio (12,9 ha pour 400 m2) et + 24 % pour la poule pondeuse (54 ha pour 10 000 poules).

D’un autre côté, les surfaces d’épandage devraient être augmentées de 20 % si la réglementation adoptait les nouvelles références d’exportation des cultures qui baissent de 20 %. Cette moyenne se situerait aux alentours de 60 uP/ha/an suivant l’assolement. Pour le moment, il n’y a pas eu de position prise au plan national.

(1) Référence NPC 2 013 par rapport au Corpen 2007.

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