Réussir Aviculture 03 juillet 2014 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

Le passage à l’aliment 100 % bio pénalisera le coût de production

Quatre programmes de recherche sont en cours pour accompagner les productions avicoles dans le passage à un aliment 100 % bio. Ils s’intéressent aux sources de matières protéiques alternatives et à leur impact sur les performances.

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En janvier 2015, 100 % des matières premières distribuées aux productions animales sous agriculture biologique devront être d’origine bio.
En janvier 2015, 100 % des matières premières distribuées aux productions animales sous agriculture biologique devront être d’origine bio. - © A. Puybasset

En janvier 2015, 100 % des matières premières distribuées aux productions animales sous agriculture biologique devront être d’origine bio. Une dérogation européenne permet aujourd’hui une formulation à 95 % au minimum. Les 5 % restants sont apportés par des matières premières conventionnelles riches en protéines, comme le gluten de maïs et le concentré protéique de pomme de terre. Leur interdiction obligera à se reporter sur d’autres sources protéiques, le tourteau de soja en première ligne, dont l’offre est déjà bien inférieure au besoin. La France, comme la plupart des pays européens, est déficitaire en matières premières protéiques. « En 2012, le déficit pour les productions de volaille, de porc et de bovin, était d’environ 13 000 tonnes de matières protéiques azotées (MAT) », a précisé Antoine Roinsard, de l’Institut technique de l’agriculture biologique. Le double défi pour les productions bio est de trouver des matières premières alternatives (et locales) qui permettent de maintenir les performances et de limiter l’augmentation du coût de production.


Des sources alternatives et/ou locales


Dans cette optique, plusieurs programmes de recherche, coordonnés en France par l’Itab, sont en cours : ProtéAB, Icoop, AviAlim Bio, Avibio. Les premiers résultats, présentés lors de la journée Itavi sur les Volailles de qualité, montrent qu’il est possible de maintenir les performances zootechniques avec un aliment 100 % bio, « mais cela se traduira à court terme par une augmentation de l’utilisation du tourteau de soja, sous réserve qu’il soit disponible ». Une augmentation de l’ordre de 25 % selon un essai Avibio sur du poulet de chair, avec un impact négatif de 5 % sur le coût alimentaire. À l’Inra du Magneraud, la valeur alimentaire d’une trentaine de matières premières jusqu’ici peu utilisées a été évaluée in vivo : pois, féverole, drêches…, également des larves d’insectes. « Certaines se révèlent intéressantes même si le tourteau de soja reste la référence en termes de MAT et de digestibilité », a souligné Hervé Juin, de l’Inra. À moyen terme, ces sources alternatives pourront soutenir le passage à un aliment 100 % bio à condition d’en augmenter les disponibilités (développer les surfaces) et d’une meilleure maîtrise de leur production (sécuriser les rendements, limiter la variabilité, intérêt des process de transformation, choix des variétés pour réduire les facteurs antinutritionnels…).
En attendant l’avancée des divers programmes de recherche, le Synalaf comme Coop de France ont fait part de leur souhait d’un passage de 95 % à 100 % d’aliment bio plus progressif.

 

Voir aussi article " Une piste pour diminuer le coût de l'aliment en 100 % bio ".

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