Réussir Aviculture 14 mai 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Le Loiret prépare un plan de relance avicole d'ici l'été

Piloté par la chambre d'agriculture du Loiret, le projet d'une relance des investissements en bâtiments avicoles a fait l'objet d'échanges préparatoires.

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Organisations en activité dans le Loiret : Axaliment, Cafo, 
CDPO, Duc, Gastronome, Glon-Sanders, 
LDC-Huttepain, Matines.
Organisations en activité dans le Loiret : Axaliment, Cafo, CDPO, Duc, Gastronome, Glon-Sanders, LDC-Huttepain, Matines. - © Infographie Réussir

Dans les années soixante, le Loiret a été un des premiers départements avicoles. Sur le papier, il dispose de nombreux atouts : axes de communication rapides, proximité avec les 15 millions de consommateurs de la région parisienne, disponibilités en matières premières céréalières et en terres d'épandage, faible densité d'élevages. Mais aujourd'hui, la volaille du Gâtinais a perdu de sa superbe. Chaque maillon est représenté, mais l'ensemble ne constitue pas un bloc en mesure d'agir de concert. Les vrais décideurs économiques sont ailleurs en Bretagne et en Pays de la Loire. Le déclin ne date pas des difficultés du groupe Doux, suivies de la reprise de l'abattoir de poulets de Boynes et de sa fermeture en janvier. Depuis la décennie 80, les éleveurs n'investissent pas assez.


Érosion du parc avicole si aucune action n'est engagée


La chambre d'agriculture du Loiret voudrait inverser la tendance. Le 27 janvier, elle avait convié les décideurs politiques du département à une journée d'échanges. Elle s'est attachée à montrer la volonté des éleveurs à retrouver une dynamique positive, à interroger les principaux décideurs économiques et à sonder les institutionnels sur leur volonté d'accompagner un projet qui reste à écrire.
L'enquête réalisée auprès des éleveurs révèle qu'ils sont bien conscients des enjeux et des menaces. « Ils sont impliqués, mais ils sont aussi inquiets », résume l'animatrice avicole Agathe Kohl. À peine 21 % sont confiants dans l'avenir et 15 % ont déjà baissé les bras. D'ici cinq ans, 16 % ont l'intention de cesser, mais 16 % ont des projets. Sur un parc chair estimé à 200 000 m2, 35 000 m2 devraient s'arrêter (ou être en partie repris) et 25 000 m2 être construits, sans compter les rénovations. Sans action spécifique, le parc devrait continuer à s'éroder. Neuf éleveurs sur dix sont favorables à une relance, qui passerait par des actions (soutien financier, appui technique). Avant d'investir, ils attendent des signes de leurs partenaires, avec une sécurisation des débouchés, et plus de synergies entre les filières végétales et animales.
Cette volonté est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Que veulent réellement faire les acteurs aval sur ce territoire ? LDC-Huttepain Aliments et Glon, les deux principaux, se sont peu engagés. L'un et l'autre visent le maintien du parc. Glon n'a pas chiffré ses besoins. Il vient de se recentrer sur la production de dinde abattue dans le Cher. En proposant une reconversion des éleveurs de poulets, il relocalise une production de dinde en deçà des capacités d'abattage. Quant au groupe LDC, il insiste sur les 75 kilomètres à respecter en moyenne entre les élevages et les deux abattoirs du Loir-et-Cher. En pratique, LDC travaille avec des éleveurs situés au-delà. Et chaque année, il faut combler 5 à 6 % de surfaces en moins : avec 260 000 m2 en région Centre (12 % pour le Loiret), le besoin annuel régional de LDC est de 15 000 m2 par an, dont environ 1600 m2 par an en Loiret. Dans ces conditions, faut-il privilégier l'agrandissement et la spécialisation, comme le suggèrent nombre de responsables professionnels ? Promue autrefois comme une diversification, l'aviculture départementale devrait faire un virage à 180 degrés.


« Dans une niche, il n'y a pas beaucoup de place »


Si les grands opérateurs ne s'engagent pas plus, faut-il orienter les aides vers les productions de qualité, voire lancer une marque départementale ? En s'appuyant sur l'analyse des marchés du poulet, Michel Masson, président de la chambre d'agriculture, met en garde les élus. « La réalité des marchés avicoles n'est pas celle-ci. Dans une niche, il n'y a pas beaucoup de place. »
Quant aux banquiers, ils sont prêts à participer à un plan, « à condition qu'il soit pérenne et rentable ». Ils n'ont pas manqué de souligner le manque d'enthousiasme des industriels et leur plus grand intérêt pour un plan régional. Si le plan se concrétise, il devrait être mis en place dès l'été prochain souhaite la chambre d'agriculture.

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