Réussir Aviculture 07 juillet 2017 à 09h00 | Par P. Le Douarin

Le couvoir Goasduff racheté par des accouveurs danois et belges

Après le volailler Duc repris par l'abatteur néerlandais Plukon, c’est au tour du couvoir breton Goasduff de tomber dans l’escarcelle de deux poids lourds nord-européens de l’accouvage. C’est un tournant pour l’accouvage français.

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François-Marie, Pierre, Jean-Yves et François Goasduff. La famille cède son entreprise à deux spécialistes internationaux de l'accouvage
François-Marie, Pierre, Jean-Yves et François Goasduff. La famille cède son entreprise à deux spécialistes internationaux de l'accouvage - © P. Le Douarin

Depuis un certain temps, la famille Goasduff, qui a créé il y a soixante ans le couvoir du même nom à Plabennec (29), s’interrogeait sur l’avenir de l’entreprise. « Pas par nécessité économique, ni sous la pression de nos clients, assure Jean-Yves Goasduff, en charge des activités commerciales et financières, mais pour pérenniser une activité familiale indépendante. »

Son choix a été annoncé le 6 juillet par Jean-Yves Goasduff, en présence de ses deux frères codirigeants (Pierre et François) et de François-Marie, son fils âgé de 29 ans, entré dans l’entreprise depuis 3 ans.

Plutôt que d’être repris par l’amont (un sélectionneur) ou par l’aval (un abattoir), « nous avons préféré nous adosser à un groupe d’accouvage indépendant. » Mais, faute de trouver un repreneur d’envergure en France, la famille est entrée en phase de négociation exclusive avec deux sociétés étrangères, spécialisées dans le métier de l’accouvage.

Il s’agit du danois DanHatch et du groupe belge Belgabroed (ou BHV) qui formeront pour l’occasion une holding basée à Rennes. L'accord devrait être finalisé au mois de septembre.

La famille Goasduff conservera une part minoritaire, mais restera un actionnaire important. Ses trois dirigeants assureront la gestion au quotidien encore au moins deux ans, ainsi que François-Marie.

Outre le fait de conserver ce métier en dehors de la sélection et de l’abattage, Jean-Yves Goasduff compte sur ce tandem pour développer l’activité en France, aussi bien qu’à l’exportation.

Située à Plabennec (29), l’entreprise Goasduff a réalisé un chiffre d’affaire de 22 millions d’euros avec 97 salariés et 40 partenaires extérieurs (éleveurs et intervenants). Elle produit 1,8 million d’OAC par semaine de tous types de poulets de chair (label, certifié, export, standard). Elle vend en moyenne 300 000 œufs à couver et 1,2 million de poussins par semaine dans l’ouest de la France, qui sont destinés à quatre principaux clients : Savel, LDC, Sanders, Doux.

Filiale de deux entreprises danoises de nutrition animale, le danois DanHatch produit 7 millions d’OAC par semaine et réalise un chiffre d’affaires de 149 millions d’euros, avec 320 personnes. Il détient 6 couvoirs (3 au Danemark dont un en volailles alternatives, 2 en Finlande, 1 en Pologne). DanHatch produit aussi des porcelets et des poulets à travers des filiales.

Le belge BHV produit 165 millions de poussins et exporte 150 millions d’OAC par an pour un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros, avec 125 personnes. BHV résulte de l’association de cinq accouveurs. Il possède deux couvoirs de poussins en Belgique (Belgabroed : 1,4 million par semaine et Vervaeke-Belavi : 700 000 poussins) et un aux Pays-Bas (Kuikenbroederij van Hulst : 1 million poussins/sem.), ainsi qu’une activité d’accouvage au Vietnam et en Birmanie (avec le fabricant d’aliment néerlandais De Heus). La construction d’un couvoir de poussins alternatifs est en projet. Ses parts de marché sont de 47 % en Belgique et de 19% aux Pays-Bas.

BHV détient également Incubel qui collecte et exporte des œufs à couver en Afrique, Moyen Orient et Russie.

Parallèlement, BHV est lié par deux de ses actionnaires au couvoir Vepymo, qui vend 12 millions de poussins de ponte par an (exclusivement de souches Hendrix Genetics, actionnaire à 40 %).

voir aussi : l'interview de Steven Vervaeke, PDG de Vervaeke-Belavi et coactionnaire de Belgabroed

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