Réussir Aviculture 03 juin 2014 à 08h00 | Par Xavier Cresp

Le bien-être du canard va au-delà du gavage

Conciliant économie et bien-être animal, la filière palmipède à foie gras cherche à valoriser ses savoir-faire et à répondre aux critiques.

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Les producteurs et transformateurs de canards gras doivent communiquer davantage pour obtenir la reconnaissance du public.
Les producteurs et transformateurs de canards gras doivent communiquer davantage pour obtenir la reconnaissance du public. - © P. Le Douarin

Attaqués par des associations de consommateurs et de défense des animaux, les producteurs et transformateurs de canards gras doivent communiquer davantage pour obtenir la reconnaissance du public et donner une image différente de celle tant décriée dans les médias généralistes. C’est ce qui ressort de la journée des professionnels des palmipèdes à foie gras tenue le 25 mars à Mont-de-Marsan. « Si l’évolution du bien-être animal est essentielle pour l’éleveur, elle ne doit pas occulter le volet économique, estime Michel Prugue, président de l’Itavi. Le dossier sensible de la mise aux normes des salles de gavage, la réduction de l’utilisation des antibiotiques, les pratiques d’alimentation et la qualité des parcours sont des pistes essentielles de progrès et de promotion du métier. Elles permettent aussi d’apporter des réponses nettes à nos détracteurs. »

Sensibiliser les producteurs aux bonnes pratiques


La mise en place du plan EcoAntibio 2017 modifie les habitudes. Arrêter les consommations préventives inutiles et s’orienter vers des aliments non médicamenteux deviennent des priorités. Des améliorations sont déjà réalisées, mais les vétérinaires Olivier Costedoat et Laurent Deffreix attirent l’attention sur la mise en place de conditions d’élevage qui évitent les risques infectieux et appellent les éleveurs à développer une attitude préventive avec des méthodes alternatives (phytothérapie, plantes). « Le recours aux antibiotiques doit être considéré comme un échec de la gestion technique de l’élevage », stipule Pierre-Olivier Costedoat. Pour Laurent Deffreix, « le bien-être animal s’apprécie aux résultats carcasse dans les abattoirs », et d’insister sur les conditions d’élevage au démarrage.
La mise en place des logements collectifs oblige la profession à modifier ses techniques et l’organisation de la production. Elle pousse à revoir la phase de gavage et la préparation des animaux : aller vers la bande unique, maîtriser la fréquence des mises en place, créer des conditions d’élevage « haut de gamme » avec des parcours agroforestés. Au-delà des techniques, le bien-être animal passera par l’image véhiculée auprès du public. Le parcours agroforesté, dont les qualités agronomiques et économiques sont réelles, répond à ces nouvelles attentes sociétales. C’est ce que s’est efforcé de démontrer le Gersois Alain Canet, ardent défenseur de cette pratique ancienne.


L’impact du parcours agroforesté


Pour éviter les tensions avec les associations antigavage, la filière devra mettre en avant sa capacité à évoluer. Dans ce contexte, l’adaptation aux nouvelles normes est l’occasion d’impulser un vrai changement des mentalités chez les éleveurs et les gaveurs. p Xavier Cresp

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