Réussir Aviculture 13 novembre 2014 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

LDC rachète les six sites industriels de Glon-Sanders

LDC et Sofiprotéol ont annoncé un projet d’alliance majeur. En rachetant l’activité « abattage et produits élaborés » de Glon-Sanders, LDC veut récupérer les parts de marché prises par les produits importés, en poulet notamment. Création annoncée de la Société bretonne de volailles.

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- © Infographie Réussir

Aucune rumeur ne se sera répandue dans le Landerneau avicole avant la déclaration officielle, vendredi 17 octobre 2014 au soir, à la clôture de la bourse. Denis Lambert, PDG de LDC, et Jean-Philippe Puig, directeur général de Sofiprotéol, ont annoncé de concert leur projet d’alliance « pour renforcer notre leadership dans l’abattage, pour l’un, et dans la nutrition animale, pour l’autre ». L’activité abattage et produits élaborés de Glon-Sanders, qui faisait partie du pôle animal de Sofiprotéol, passe dans le giron du premier volailler français. « L’objectif est d’améliorer nos performances et de récupérer les parts de marchés prises par les produits importés », indique Denis Lambert. Les importations, d’Europe essentiellement, représentent aujourd’hui 42 % des poulets consommés en France. Très implanté en grande distribution (via ses marques Le Gaulois, Maître Coq et Loué), LDC était jusqu’ici peu présent sur les marchés de l’industrie et de la restauration hors domicile, pourtant en forte croissance. Ce sont à l’inverse des secteurs sur lesquels le groupe Glon-Sanders s’est développé, via notamment son abattoir Boscher. Cette alliance de deux entreprises d’origine familiale, qui gagnent de l’argent et qui partagent un même état d’esprit entreprenarial sur des activités complémentaires, est finalement peu surprenante.


Onze outils industriels en Bretagne


Concrètement, les cinq sites d’abattage (Boscher, Kéranna) et de produits élaborés (Farmor, RVE et Robichon) de Sofiprotéol vont rejoindre les six sites bretons de LDC au sein d’une nouvelle société, La Société bretonne de volailles. L’abattoir de Blancafort, situé dans le Loir-et-Cher, sera également acheté par LDC et ses volailles toujours alimentées par le site de Clémont, dans le Cher, appartenant à Sanders Nutrition Animale. Les six sites repris représentent un chiffre d’affaires de 330 millions d’euros (dont 20 millions pour l’abattoir de Blancafort). Il s’ajoute aux trois milliards d’euros de chiffre d’affaires de LDC, dont 85 % sont réalisés en volaille. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. L’opération n’aura pas d’impact sur l’emploi des quelque 1 000 salariés. En contrepartie, le volailler sarthois cède l’usine d’aliment Huttepain-Bouix, non spécialisée en volaille. Pour la fourniture d’aliment, il s’engage à s’approvisionner auprès des sites de Sanders en plus de ses propres usines Huttepain Aliment, principalement implantées en Pays de la Loire. « Les gammes nutritionnelles et de santé de Sofiprotéol (Mixscience et Théseo) vont être déployées pour LDC », précise Jean-Philippe Puig. Le projet porte également sur un partenariat privilégié entre Sanders et LDC pour l’approvisionnement en vif.


Les deux groupes réunis représentent 40 % du marché


Les deux entreprises ont annoncé un plan d’investissement pour les cinq ans à venir. LDC va déployer 100 millions d’euros dans les cinq sites repris. Sofiprotéol prévoit 75 millions d’euros d’investissements industriels dans ses outils de nutrition et dans les métiers de l’élevage et de l’amont. Par ailleurs, Sofiprotéol entrera comme actionnaire minoritaire de LDC. La participation marginale (quelques pourcents) est suffisante pour obtenir un siège au conseil de surveillance de LDC. Sanders détiendra également une participation minoritaire dans la Société bretonne de volaille.
Stéphane Athimon, responsable avicole de Glon-Sanders, et Philippe Guillet, directeur des achats de LDC, seront les garants du bon fonctionnement du projet d’alliance. Celui-ci est pour l’instant suspendu à la position de l’autorité de la concurrence. Denis Lambert est confiant. « Les deux entreprises sont sur des marchés différents : LDC sur la GMS, Glon-Sanders sur l’industrie agroalimentaire et la restauration hors domicile. Les deux groupes réunis représenteront moins de 40 % du marché en France. » Parti à la reconquête du marché national, le premier volailler français affiche également des ambitions de développement à l’international à plus long terme.

Chiffres clés

• LDC : 62 sites de production dont 38 en volailles (4 en Pologne), 5100 éleveurs, 16 000 collaborateurs, 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013 dont 85 % en volaille et 15 % en traiteur
• Glon-Sanders (activité abattage et élaborés) : 5 sites d’abattage et d’élaborés en Bretagne, 310 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1000 salariés, et 1 abattoir dans le Loir-et-Cher (20 millions d’euros de chiffre d’affaires)

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