Réussir Aviculture 18 août 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

LDC fait grimper sa rentabilité

Le groupe sarthois est de plus en plus puissant et rentable sur son métier historique de la volaille, tandis qu’il peine encore sur les produits des marchés traiteur.

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- © LDC

Sur les marchés français de la volaille (GMS, commerce de détail, restauration hors domicile) estimés à un total d’un million de tonnes, le groupe LDC revendique une part de marché de 30 à 40 %. D’année en année, LDC progresse plus vite que l’ensemble du marché, y compris sur des segments en retrait comme le canard et la dinde, a souligné son PDG Denis Lambert, lors de la présentation début juin des résultats annuels 2013-2014. Seule exception, ses 5 % de pénétration sur les 300 000 tonnes du marché des produits alimentaires intermédiaires (PAI), fournis à 80 % par l’importation.
Si leur dosage reste secret et le tour de main inégalé par la concurrence, les ingrédients du succès sont connus : faire de la qualité, vendre des produits innovants et du service apportant de la valeur aux clients, faire preuve de rigueur industrielle et financière. Chaque entité LDC est considérée comme un centre de profit. Les résultats de l’exercice passé (de mars 2013 à février 2014) en témoignent. Avec seulement +1,5 % de croissance globale (+10 000 tonnes), le groupe a voulu freiner la course aux volumes. Il a fait progresser son chiffre d’affaires consolidé de 3,5 % (+103 millions). Ce qui lui a fait dépasser la barre symbolique des trois milliards d’euros. En termes financiers, le résultat opérationnel courant croît de 35 % (122 millions d’euros dont 14,8 de CICE) et le résultat net de 19,8 % (77,5 millions). Cependant, les performances ont été contrastées dans les trois pôles.

- © Infographie Réussir

Les semestres ont été totalement opposés


L’activité volaille France reste la locomotive du groupe, avec environ 70 % des volumes et du chiffre d’affaires global, et surtout avec une contribution de 92 % au résultat opérationnel courant (voir graphique). Le premier semestre a été bon en volume grâce à la consommation qui se tenait et à la prise des marchés ouverts par la liquidation de Doux Frais. Au second semestre, la rentabilité a été nettement meilleure (détente des matières premières), malgré une consommation en baisse qui a freiné les volumes. Le pôle international — assuré à 97 % par la Pologne — a connu les mêmes évolutions. LDC y déploie la politique qui a fait son succès : miser sur la grande distribution (60 % des débouchés) et diversifier ses produits (baisse du poulet entier, hausse des produits élaborés et de la découpe, lancement de l’oie, du canard, du poulet de courette).
Le pôle traiteur reste un sujet de préoccupation, avec le très lent retour à la rentabilité. La bonne nouvelle, c’est la stabilisation des volumes, mais le chiffre d’affaires recule de 1 %. Le retard des effets des efforts industriels déçoit, tout comme l’activité sandwich qui reste à améliorer. Le succès du lancement de la pâte à dérouler Marie (+48 % de progression en GMS) compense difficilement le recul d’autres produits frais (exotiques, sandwichs, plats cuisinés). Après le scandale de la viande de cheval, les consommateurs boudent le marché du surgelé. LDC y recule moins que le marché (-4,9 % contre -5,3 %), grâce à la marque Marie mettant en avant la qualité et la transparence (viande et volaille françaises par exemple).

- © Infographie Réussir

Plus de cash pour investir ou acquérir


Pour l’exercice en cours, Denis Lambert est confiant dans la poursuite des bons résultats en volaille, en portant les efforts dans quatre domaines : le commercial, la gamme été (nouveaux produits), l’innovation, la progression sur les PAI et la restauration hors domicile. À condition aussi que les matières premières ne remontent pas et que la consommation se tienne. Pour rester compétitifs, les investissements sont portés à 110 millions d’euros, dont 80 millions en volaille (amélioration des conditions de travail et économies d’énergie). Ceci n’entamera pas les capacités financières qui se renforcent. Le groupe est très peu endetté (3,3 %). L’autofinancement a bondi et la trésorerie est positive à 174 millions. De quoi réaliser une croissance externe qui met du temps à se concrétiser. Très prudent et sélectif pour ne pas pénaliser sa rentabilité globale, le groupe semble vouloir privilégier la Pologne. Ce pays est en pleine croissance économique et les opérateurs avicoles sont atomisés. Dans les pays où il est absent, LDC serait intéressé par des « pépites » ayant une marque et opérant sur une niche à forte valeur ajoutée.

- © Infographie Réussir

Chiffres clés

• 5100 éleveurs engagés et 62 sites de production en France
• 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 103 millions)
• 122 millions d’euros de résultat opérationnel courant (+ 32 millions, avec 4 % de marge opérationnelle courante)
• 77,5 millions d’euros de bénéfice net (+ 12,8 millions)
• 110 millions d’euros d’investissements prévus

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