Réussir Aviculture 23 septembre 2014 à 08h00 | Par Véronique Bargain

La Sarl Ligner mécanise l’enlèvement des pintades

Spécialiste de l’enlèvement mécanisé des poulets, Jacky Ligner a mis au point une machine pour les pintades. Depuis juin, un prototype tourne chez des éleveurs en Pays de la Loire.

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Le système mis au point par Jacky Ligner s’est inspiré des machines à dinde pour les tapis et de celles 
à poulet pour le remplissage des containers.
Le système mis au point par Jacky Ligner s’est inspiré des machines à dinde pour les tapis et de celles à poulet pour le remplissage des containers. - © V. Bargain

Jacky Ligner ramasse des poulets à la machine depuis dix ans. Avec cinq machines, il travaille en prestation de service avec 300 éleveurs des Deux-Sèvres, des Pays de la Loire et de Bretagne. Quand Savel, le spécialiste de la pintade, veut placer des lots chez des éleveurs de poulets, « certains sont réticents car ils ne sont plus organisés pour un ramassage manuel », explique le prestataire. Il n’est pas possible de ramasser la pintade avec une machine à poulet. « Son comportement est totalement différent. La pintade se déplace beaucoup dans le bâtiment et s’envole immédiatement si le tiroir reste ouvert. » Jacky Ligner a imaginé et mis au point une machine spécifique. Ce jour-là, elle fonctionnait pour la première fois chez Gérard, Josette et Luc Chauviré, à La Chapelle-du-Genêt (Maine-et-Loire). Le couple et leur fils élèvent trois lots de 19 500 pintades et un lot de 23 500 poulets par an. « D’habitude, en plus de nous trois, nous embauchons neuf personnes, indique Gérard Chauviré. Pour plus de simplicité et pour réduire les coûts, nous avons voulu essayer l’enlèvement mécanisé ».
Dans le bâtiment maintenu obscur, les pintades ont été réparties dans des parcs. Deux ou trois personnes les poussent vers le pignon, vers l’entonnoir réalisé avec des barrières. La lumière forte fixée près du portail attire les volailles. « Comme les pintades sont curieuses, elles s’avancent assez facilement vers la sortie », explique Jacky Ligner. La bâche enrobant le portail évite que les pintades soient effrayées par les lumières des engins ou gênées par les courants d’air.

À la mise en tiroir, le couvercle en plexiglas et une bavette en caoutchouc empêchent les pintades de s’échapper et de se coincer.
À la mise en tiroir, le couvercle en plexiglas et une bavette en caoutchouc empêchent les pintades de s’échapper et de se coincer. - © V. Bargain

Enlèvement moins stressant pour l’éleveur


Le chargement a duré environ cinq heures au lieu des trois heures et demie habituelles. « Les pintades avancent assez facilement, sauf un peu moins vers la fin, constate Gérard Chauviré. Il faut encore améliorer le chargement pour arriver au même temps qu’en manuel. L’opération est moins stressante pour nous. Il n’y a pas de personnel et moins de risques d’entassement des volailles qu’avec les containers dans le bâtiment ». Pourtant, il y a eu plus de pintades étouffées en caisse à cause de l’irrégularité du nombre d’oiseaux par tiroir (30 normalement). Le concepteur admet que « des mises au point sont encore nécessaires, notamment au niveau du réglage des vitesses des tapis. En général, la machine permet de charger un camion de 10 000 en 2 heures à 2 heures 15. Notre objectif est de descendre à 1 heure 45 ». Pour y parvenir, une préparation est nécessaire, en plus des réglages. « Les pintades doivent avoir été conditionnées pour avancer facilement par petits lots, précise Jacky Ligner. Il faut aussi bien régler la lumière du bâtiment, installer un éclairage à la sortie, bien bâcher le portail. » À l’extérieur, il faut un sol plat et au moins 15 mètres de largeur pour installer la bâche au pignon, ainsi qu’un télescopique pour la descendre du camion. « D’ici notre prochain enlèvement, en octobre, des améliorations auront été apportées, ajoute Gérard Chauviré. Nous réessaierons. »

- © Infographie Réussir

Une machine en poste fixe

 

Comme pour la dinde, la machine fonctionne avec une partie à l’intérieur du bâtiment et une partie à l’extérieur.

. À l’intérieur, deux tapis roulants horizontaux placés dans un caisson de contention emportent les pintades.Les volailles montent facilement sur ce premier tapis dont la vitesse varie jusqu’à 0,50 m/s.


. Les pintades sont entraînées dans deux convoyeurs contenant un tapis incliné qui les conduit
vers les containers. « Le second tapis plus rapide (1,50-2 m/s modulable), les déstabilise
et les empêche de s’envoler », précise Jacky Ligner.

. À l’extérieur, à chaque arrivée de tapis, une personne contrôle le remplissage des tiroirs (cinq hauteurs superposées avec trois rangées par container) au fur et à mesure. L’opérateur rabat un couvercle en plexiglas qui évite l’envol des pintades.
Il compte trente pintades avant de repousser mécaniquementle tiroir dans le container.
Une bavette en caoutchouc évite de les coincer.

. La plateforme supporte trois containers défilant. Des chaînes motorisées les déplacent de droite à gauche devant les deux embouchures. Le container vide est déposé à droite.
Celui rempli est embarqué à gauche. Pour plus de maniabilité des containers, les plateformes
de droite et de gauche peuvent pivoter.

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