Réussir Aviculture 23 décembre 2015 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

La réussite du lot se joue dès le démarrage

Durant la phase critique des premiers jours, tout doit être mis en œuvre pour stimuler la consommation et maîtriser l’environnement du poussin de chair. Cela nécessite des pratiques adaptées et une surveillance accrue.

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La démédication impose davantage de technicité et d’attention les premiers jours.
La démédication impose davantage de technicité et d’attention les premiers jours. - © A. Puybasset

Les sept premiers jours représentent aujourd’hui 20 % de la vie d’un poulet standard. C’est deux fois plus qu’il n’y a quarante ans. Avec le raccourcissement des durées d’élevage et l’évolution de la génétique, la phase de démarrage revêt de plus en plus d’importance. C’est en partie d’elle que dépend la réussite du lot. Il existe en effet une forte corrélation entre le poids à 7 jours et le poids à l’abattage. « Un gramme de plus à 7 jours, c’est potentiellement 8 grammes de gagnés à 38 jours », indique le nutritionniste Michel Richet. Certaines pratiques du passé qui consistaient à modérer la prise de poids les premiers jours et à récupérer de la croissance par la suite sont depuis longtemps révolues. Tout l’enjeu du démarrage consiste à faire consommer les poussins le plus rapidement possible : pas seulement pour gagner du poids mais aussi pour favoriser le développement du système immunitaire. « La phase de démarrage joue un rôle clé sur la santé animale, d’autant plus important dans un contexte de démédication », souligne la vétérinaire Anouk Dronneau.

Stimuler le jeune oiseau et lui apporter du confort

Ces dernières années, les nutritionnistes ont développé des formulations adaptées aux besoins très spécifiques des premiers jours. Lorsque les poussins arrivent dans le poulailler, toutes les conditions doivent être réunies pour stimuler le jeune oiseau et lui apporter du confort : un environnement sanitaire bien maîtrisé, du matériel d’alimentation et d’abreuvement en nombre et bien réglé, un air chaud et ventilé, une litière confortable, une bonne intensité lumineuse. Le démarrage devient un « sprint », où une erreur technique peut vite impacter la réussite du lot. Pour bien piloter, il faut mesurer. Les éleveurs sont amenés à contrôler davantage et de façon plus précoce la qualité du démarrage : par des contrôles de température sur les poussins, des palpations du jabot ou le suivi des prises de poids. Ils s’appuient sur des outils de régulation de plus en plus performants et de nouveaux capteurs (CO2) pour apporter une ambiance optimale, si déterminante dans la réussite du démarrage. Cela sous-entend que les sondes soient bien étalonnées. Une récente enquête a montré qu’une sonde sur trois de température et une sur deux d’hygrométrie étaient décalées. Des audits ciblés sur le démarrage sont proposés pour faire un bilan des pratiques et déceler les facteurs de progrès.

Malgré tout le soin que peut apporter l’éleveur à la réussite des premiers jours, il est bien un critère qu’il ne peut maîtriser, celui de la qualité du poussin. Mieux informé par le couvoir sur les spécificités du lot à venir, l’éleveur peut adapter ses pratiques (par exemple en augmentant d’1°C la consigne de température ou en apportant un réhydratant s’il s’agit de petits poussins issus de jeunes reproducteurs). D’une manière générale, la filière gagnerait à davantage communiquer les données techniques entre maillons.

- © Armelle Puybasset

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Aviculture de décembre 2015.

Au sommaire :

. p. 12 - Un audit pour mesurer les conditions de démarrage. Avec l'application Chickpoint.

. p. 14 - " Un aliment optimisant la santé digestive ". Interview de Michel Richet, Provimi.

. p. 16 - Un bon démarrage, premier levier de démécalisation. Avec les vétérinaires de Chêne vert conseil.

. p. 19 - Des besoins de ventilation minimum à affiner. Renouvellement d'air.

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