Réussir Aviculture 02 février 2017 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

La purge met la pression au biofilm

Le nettoyage mécanique des canalisations limite la formation du biofilm et optimise l’efficacité des biocides. De nouveaux équipements rendent cette pratique plus facile à mettre en œuvre.

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L'intérêt de la purge a été démontré sur la qualité du démarrage.
L'intérêt de la purge a été démontré sur la qualité du démarrage. - © A. Puybasset

Premier aliment de la volaille, l’eau n’a pas toujours l’attention qu’elle mérite. Avec les préoccupations grandissantes de démédication, elle devient pourtant un élément déterminant de la réussite de l’élevage, au même titre que le sont la gestion de l’ambiance ou l’alimentation solide. L’eau n’a pas seulement la fonction d’abreuver les volailles. Elle sert aussi de support pour de multiples traitements : supplémentation nutritionnelle, traitement antibiotique, vaccination… Leur efficacité peut être compromise par une eau non potable, que ce soit sur les critères physico-chimiques (pH, dureté, teneur en fer et en manganèse…) ou bactériologiques. Les entreprises spécialisées dans l’hygiène de l’eau ont beaucoup innové ces dernières années. L’éleveur dispose d’une palette d’équipements et de produits biocides, à choisir en fonction des spécificités de son eau de réseau ou de forage. Il reste malgré tout des marges de progrès importantes, notamment en ce qui concerne la qualité bactériologique de l’eau. « Celle-ci s’améliore tout doucement, a confirmé le vétérinaire Vincent Turblin, lors d’une table ronde organisée par l’Itavi. Il y a trois ans, 59 % des analyses d’eau réalisées au sein de notre cabinet vétérinaire étaient bactériologiquement non conformes contre 50 % aujourd’hui. » Le même constat a été établi lors du Forum de l’eau organisé en décembre par Mixscience. Une enquête dans une centaine d’élevages de chair a montré un taux d’eau potable de 64 % à l’arrivée dans le sas et de seulement 12 % en bout de ligne.

La première idée reçue est de penser que l’eau du réseau est obligatoirement de bonne qualité. De même, une eau correctement désinfectée en sortie de sas ne l’est pas forcément à l’arrivée aux pipettes. La contamination se fait dans les canalisations et est liée à la présence de biofilm. Cette masse d’aspect gélatineux, pas forcément visible et constituée d’un amas de bactéries, d’algues et de matières organiques, peut rapidement coloniser l’ensemble du réseau d’eau. « Il s’agit d’une structure plus complexe qu’on ne le croit », souligne Christophe Forêt de la société de traitement des eaux Kurita. Elle protège les bactéries de l’action des biocides et capte les molécules médicamenteuses.

En volaille, les conditions hydrauliques sont particulièrement propices au développement du biofilm, notamment en début de lot (température élevée, faible débit). L’eau peut devenir un véritable bouillon de culture d’autant plus pénalisant sur de jeunes animaux dont les systèmes digestif et immunitaire sont à peine développés.

Complémentaire au traitement chimique, le nettoyage mécanique est un point essentiel de la gestion de la propreté des canalisations, qu’il soit ponctuel via les appareils de décapage air/eau à forte pression ou régulier avec la purge des rampes d’eau. En créant un effet chasse d’eau, la purge ou flushing a pour objectif de rincer les canalisations et de ralentir le développement du biofilm. Elle diffère de la simple vidange qui sert seulement à rafraîchir l’eau.
Il est recommandé de réaliser au moins une purge quotidienne durant les dix premiers jours, puis une par semaine sur le reste du lot et après chaque traitement. « Le rythme idéal est celui qui pourra être observé dans le temps par l’éleveur selon sa disponibilité et le niveau d’automatisation des équipements de purge », souligne Jean Léorat, vétérinaire. L’offre de matériels de purge a évolué. Il est aujourd’hui possible de la programmer par une horloge ou directement par les boîtiers de régulation de nouvelle génération. Le coût d’une purge 100 % automatique (environ 2000 euros pour un 1200 m2) est à mettre en parallèle avec l’impact de troubles digestifs sur les performances. Une étude de cas de l’Itavi avait montré un lien entre la présence de biofilm et l’apparition de diarrhées avec une incidence sur la marge poussin aliment de 7 euros/m2 et par an.

- © Armelle Puybasset

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Aviculture de janvier-février 2017. RA n°223, p. 8 à 13.

Au sommaire :

p. 10 - "Huit purges par jour au démarrage"- Chez Christophe Cosmes dans la Sarthe

p. 11- L'impact de la purge sur le biofilm étudié - Etude chambre d'agriculture - Itavi

p. 12 - S'équiperd'une purge automatique - Sans intervention de l'éleveur

p. 13 - Un décapage mécanique par alternance d'air et d'eau - Avec l'appareil mobile Aquaflush'R de Géosane

 

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