Réussir Aviculture 18 juin 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

La filière poulet export dans le dur

Avec la fin imminente des aides exceptionnelles PAC, les deux industriels du poulet export ne semblent pouvoir compter que sur eux-mêmes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L'avenir du poulet export (ici des Rustivol Tilly Sabco en 2005) est très incertain.
L'avenir du poulet export (ici des Rustivol Tilly Sabco en 2005) est très incertain. - © P. Le Douarin / archives

Deux ans après le dépôt de bilan du groupe Doux, l’avenir de toute la filière du poulet export n’a jamais été aussi incertain en cette fin du mois de mai. Depuis des mois, les acteurs économiques comme les instances gouvernantes, savent que si aucun « plan B » n’est bâti entre la filière export et les pouvoirs publics, la situation économique va se dégrader. Fin mai les syndicats d’éleveurs (la CFA) et de salariés de Tilly Sabco ( la CGT et la CFDT) ont lancé des avertissements aux pouvoirs publics. La CFA appelle le ministre de l’Agriculture à organiser une table ronde. Elle plaide pour « la mise en place d’un mécanisme communautaire de soutien aux distorsions de concurrence comme les parités monétaires ». La CGT et la CFDT réclament « des actes forts et concrets pour sauver Tilly Sabco, les emplois et la filière ».


Des prises de position divergentes


Du côté des industriels, les prises de positions sont divergentes. Daniel Sauvaget, encore directeur opérationnel de Tilly Sabco après avoir cédé ses titres de propriété à une fiducie gestion, ne cache pas ses difficultés à équilibrer les comptes. À 600 000 poulets par semaine, fournis uniquement par les éleveurs Univol-Nutréa, l’outil tourne au ralenti.
Avec son modèle intégré, le groupe Doux joue la sérénité. Arnaud Marion, le président du directoire déclarait le 22 mai à Ouest France que la barre est redressée, que l’abattoir de Châteaulin tourne à plein, et que les perspectives sont bonnes. Seule ombre au tableau, la parité euro-dollar trop élevée, alors qu’il n’y a eu aucune mauvaise surprise sur le prix des matières premières et le prix de vente du poulet. Pourtant, les nouvelles du terrain ne sont pas bonnes. Doux perd des éleveurs en Vendée (25 à 30 000 m2), lassés de travailler avec des marges rognées par des performances décevantes (à peine plus de 6 euros/m2), tandis que ceux de Bretagne restent faute d’alternative. L’abattoir de Chantonnay revient en deux équipes. Sur les trois premiers mois de 2014, les effectifs de poulet abattus en Bretagne ont diminué de 23,5 % (61,5 millions au lieu de 80,35). Les ventes ont baissé de 28 % au Moyen Orient (47 400 tec) et de 40 % en Russie (5400 tec).
Après le temps des ajustements, est venue l’heure du choix. Celui de continuer ou pas à vendre à perte. Il pourrait ne pas se produire si les pouvoirs publics annoncent ce fameux « plan B » que personne ne semble connaître. Sinon, une grande partie de la filière aura le sentiment d’avoir été menée en bateau de long mois.
Certains ne se laisseront pas « liquider » sans réagir, notamment les syndicats de Tilly Sabco, qui promettent un été chaud, au cas où…

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui