Réussir Aviculture 09 août 2017 à 14h00 | Par P. Le Douarin

L’origine du scandale des poules traitées au fipronil s’éclaircit

L’insecticide fipronil a été frauduleusement commercialisé à d’éleveurs de poules pondeuses néerlandais et belges vainement à la recherche d’une solution miracle contre les poux rouges.

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Les dirigeants de Chickfriend ont surfé sur l'attente d'une solution radicale contre les infestations de poux rouges
Les dirigeants de Chickfriend ont surfé sur l'attente d'une solution radicale contre les infestations de poux rouges - © Irsea

C’est en promettant d’éradiquer « leurs » poux rouges que deux jeunes entrepreneurs néerlandais dirigeant l’entreprise Chickfriend se sont introduits dans des centaines de fermes avicoles.

Il est vrai que le Dega 16, leur produit naturel et biologique à base d’huiles essentielles de menthol et d’eucalyptol était vraiment très efficace. Propulsé au canon en présence des poules, il faisait disparaitre les poux pendant des mois. Interrogés par les éleveurs, les entrepreneurs refusaient de dévoiler leur formule secrète, tout en insistant sur son caractère naturel.

Le bouche à oreille a fait son effet et tous les types d’élevages sont tombés dans le panneau, du bio au conventionnel en cage. Près de 200 aux Pays-Bas et 86 en Belgique. C’est un contrôle de routine sur la présence de résidus réalisé au mois de mai en Belgique qui a mis le feu aux poudres (voir encadré).

Les premières investigations impliquent une entreprise belge flamande Poultry-Vision qui aurait fait le mélange du fipronil avec le Dega 16, l’insecticide ayant été acheté en Roumanie. Cette molécule est fabriquée par la société allemande BASF. Reste à savoir si Poultry-Vision a délivré son cocktail détonnant à d’autres sociétés et vers d’autres pays. En Belgique, il se dit que oui…

 

 

Chronologie des événements

Courant mai, des œufs belges sont prélevés pour une analyse de résidus comprenant entre autres le fipronil, nouvellement inclus dans la liste des molécules à rechercher.

Le 2 juin, les résultats de l’analyse sont connus et le laboratoire prévient l’Afsca, l’agence de sécurité belge des aliments. Après enquête, celle-ci suspecte deux causes : l’aliment ou le traitement contre les poux rouges, fournis par deux entreprises néerlandaises. L’Afsca informe l’administration néerlandaise qui ne réagit pas.

Le 20 juillet, la Belgique informe l’Union européenne via le système d’alerte sanitaire RASFF, après que l’Afsca a informé la justice belge qui va elle-même contacté la justice néerlandaise.

A partir de cette date, les Etats membres ont officiellement réagi : Allemagne (27 juillet), Pays-Bas (31 juillet), Danemark (3 août), France (7 août)

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