Réussir Aviculture 22 décembre 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

L’interprofession de l’œuf passe à la télé

Pour sortir de la surproduction, la filière a un plan en cinq points qui mise d’abord sur la redynamisation de la demande intérieure.

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L'interprofession veut faire connaître les intérêts nutritionnels, économiques et même gastronomiques d’un œuf produit en France.
L'interprofession veut faire connaître les intérêts nutritionnels, économiques et même gastronomiques d’un œuf produit en France. - © Asset Adocom

L’année 2012 de la mise aux normes bien-être des élevages en cages européens a marqué une nette rupture pour la filière œuf française. Il y aura un avant et un après 2012. Chiffres à l’appui, Pascale Magdelaine, du service économique de l’Itavi, en a fait la démonstration le 6 novembre, lors de la journée d’échanges du CNPO (Comité national pour la promotion de l'œuf) tenue à Paris.
Depuis 2010 — dernière année qualifiée de « normale » — les capacités de production ont augmenté de près de 2,5 millions de places, surtout en modes alternatifs (14,5 millions de places et 31 % du cheptel total). Le mode cage n’aurait augmenté que de 400 000 places. À la différence des autres pays européens qui ont fait varier leurs mises en place avec la conjoncture, les volumes d’œufs français ont continuellement progressé depuis 2012. Ils ont aussi connu la plus forte progression : + 8 à 10 % d’œufs en 2013 par rapport à 2010 (une année jugée équilibrée) et + 12 à 14 % cette année, toujours par rapport à 2010. De sorte que la France est redevenue le premier producteur européen avec 13,7 milliards d’œufs.
Avec une offre abondante, les prix de vente se sont écroulés à partir de fin 2012, au moment même où les coûts alimentaires augmentaient. À tous les maillons, les entreprises ont rogné leurs marges et entamé les réserves. Cette année, la situation n’a pas empiré, grâce à nos voisins européens qui ont freiné leurs mises en place. Cela a permis aux Français d’exporter des œufs coquille, non sans une certaine pression sur les prix. Au final, l’offre reste abondante et le risque d’une surproduction durable est bien réel.

- © Infographie Réussir

Une campagne télévisée en deux temps


Mener une politique de maîtrise de l’offre, comme par le passé, n’est plus permis par les autorités françaises et européennes. Ceci explique l’échec des tentatives menées l’an dernier par l’interprofession (durée mini des vides sanitaires, projet d’association d’organisation de producteurs). Face à ce « handicap », selon le président Philippe Juven, le CNPO présente un plan en cinq points visant à revenir à un meilleur équilibre offre-demande : améliorer les connaissances statistiques de production pour mieux anticiper l’évolution de l’offre ; améliorer le fonctionnement de la filière (dossier « passeport de la poule ») ; renforcer les débouchés intérieurs et extérieurs ; travailler à une meilleure acceptabilité sociale des modes d’élevages (charte « pondus en France ») ; enfin renforcer la communication tous azimuts. En plus du lobbying parlementaire via l’Observatoire de l’œuf, de la communication presse et digitale (réseaux sociaux) sur les atouts nutritionnels de l’œuf, le CNPO va s’adresser au consommateur final.
Deux vagues de messages publicitaires seront diffusés en janvier et en juillet prochains sur six chaînes télévisées. Pour y parvenir, le budget habituel de 350 000 euros a été doublé. La relance de la consommation nationale est en effet le principal moteur de la croissance. Or, celle-ci est quasiment stable malgré une population en hausse. Avec 216 œufs consommés par Français et par an, le temps est venu de faire connaître les intérêts nutritionnels, économiques et même gastronomiques d’un œuf produit en France.

Des indicateurs de production à affiner

L’évolution de la production d’œuf est appréhendée à travers quatre indicateurs : les mises en place de poulettes comptabili-sées par le ministère de l’Agriculture (SSP) ou par le CNPO, la production d’œufs (SSP) et les fabrications d’aliment ponte (pondeuses et poulettes confondues). Les évolutions des deux indicateurs « mises en place » divergent beaucoup trop depuis deux ans concède Hugues Mongé, en charge de cette question au CNPO. Celle du SSP est peut-être surestimée (exportations de poulettes sous-déclarées) tandis que celle du CNPO
(à la base des cotisations versées) serait sous-estimée. L’évolution des deux indicateurs « production » est plus cohérente. Des améliorations sont recherchées, notamment au travers
de la base de données Sigal qui impliquerait plus de déclarations dématérialisées. Dès le 1er janvier prochain, les volumes d’aliments pondeuse et poulettes seront différenciés pour affiner les évolutions et les prévisions a aussi indiqué Hugues Mongé.

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