Réussir Aviculture 01 juillet 2014 à 11h29 | Par Armelle Puybasset

L’inflation du prix de l’aliment atténuée par les gains techniques

Selon une étude réalisée par le Céréopa pour la firme-services Techna, la tendance à la hausse du coût des matières premières va se poursuivre.

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Dans la prochaine décennie, le prix de l'aliment  pourrait progresser de 20 à 25 %.
Dans la prochaine décennie, le prix de l'aliment pourrait progresser de 20 à 25 %. - © A. Puybasset

Du fait de la volatilité des cours des matières premières, le coût moyen de l’aliment volaille a été multiplié par 1,5 entre 2009 et 2013 (il a jusqu’à doublé fin 2012). Dans la prochaine décennie, il pourrait progresser de 20 à 25 % supplémentaires. C’est ce qu’avance une étude prospective sur le coût alimentaire en 2024, réalisée par Techna, à partir des données de prix matières premières du Céréopa(1). En tenant compte de l’évolution de la demande mondiale et de la disponibilité des différents marchés, le bureau d’études d’Agro-ParisTech s’est basé sur les hypothèses suivantes : une augmentation des prix du blé et du maïs plus faible que ces dernières années mais toujours avec de fortes fluctuations ; une pression soutenue de la demande en soja ;  une évolution des ratios de prix entre matières premières (le prix du soja augmentera plus vite que celui du blé fourrager mais dans la même tendance que les années précédentes. En revanche, le ratio prix du blé sur prix du maïs va fortement augmenter, rendant cette dernière céréale de plus en plus compétitive). « Demain, les régimes alimentaires comporteront davantage de maïs », a souligné Benoît Tournan, formulateur de Techna France Nutrition lors de la présentation de l’étude au Forum Volaille organisé par la firme-services.

- © Infographie Réussir

Optimiser le coût de la protéine avec une nutrition de précision

 

« Sans s’arrêter sur les chiffres bruts, c’est la tendance générale à la hausse qu’il faut regarder », a-t-il prévenu. Ainsi, avec un blé à 250 euros, un maïs à 220 euros et un tourteau de soja à 640 euros, le coût d’aliment simulé passe d’un indice 100 en 2013 à 123 en 2024 dans le cas du poulet. Avec des formules plus élevées en protéines, l’espèce dinde passe à un indice 125. Sachant que le coût alimentaire représente 70 % du coût de production, l’incidence sur le coût de production d’un poulet est de + 17 %, soit une augmentation de 152 euros par tonne de vif. Cette hausse, calculée à performances techniques constantes, doit être relativisée. « Deux tiers de l’inflation seront amortis par les gains techniques », rassure le formulateur, qui tient compte d’une progression annuelle de l’IC (- 0,01/an) et du rendement filet (+ 0,12 point) au même rythme que ces dernières années. Pour les nutritionnistes, le principal enjeu reste d’optimiser le coût de la protéine : recherche de matières premières alternatives au soja, intérêt de certains investissements nutritionnels comme les acides aminées secondaires… « On s’oriente vers une nutrition de précision qui demande une connaissance plus fine des caractéristiques des matières premières et des besoins des volailles, avec une stratégie alimentaire adaptée à chaque système de production », résume Benoît Tournan.
Quoi qu’il en soit, la volaille restera le meilleur transformateur de protéines végétales en protéines animales. Du fait de son faible indice de consommation, elle garde son intérêt économique par rapport aux autres viandes.

 

(1) Centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales.

Techna a développé quatre métiers

Avec un chiffre d’affaires de près de 50 millions d’euros et 235 collaborateurs, le groupe Techna a développé quatre métiers : celui de firme-services sous la bannière de Techna France Nutrition
qui porte l’activité principale et d’origine du groupe ; les spécialités animales portées par Nutral et Therabio (qui représentent 25 % de l’activité du groupe) ; les spécialités végétales portées par Hexagri et l’aquaculture (Aquatechna). Techna SA regroupe 11 entreprises dont 5 en France et réalise 50 % de son chiffre d’affaires à l’export.

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