Réussir Aviculture 28 avril 2015 à 08h00 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

« L’Europe : un marché stratégique pour une société mondialisée »

Acteur majeur en Europe, BRF, ex-Brasil Foods, se présente comme une entreprise responsable, sérieuse, qualitative et à l’écoute de ses clients, plutôt que comme un adversaire frontal des producteurs européens. Entretien avec Christophe Vasseur, dirigeant chez BRF Europe.

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Christophe Vasseur : « L’ADN de BRF, ce sont ses marques avec un respect de la qualité dans la durée »
Christophe Vasseur : « L’ADN de BRF, ce sont ses marques avec un respect de la qualité dans la durée » - © P. Le Douarin

Rappelez-nous les chiffres clés du groupe brésilien BRF ?

Christophe Vasseur - « En capitalisation, BRF est le septième groupe alimentaire mondial multiproduit et le premier exportateur de poulets. Nous en abattons sept millions par jour. Nous sommes un groupe à vocation mondiale très orienté vers le consommateur. Nous détenons un portefeuille de marques connues en Amérique du Sud, Moyen-Orient, Russie (Sadia, Perdigao, Batavo, Paty, Qualy…). »

Quelles sont vos activités en Europe ?

C. V. - « Aujourd’hui, notre particularité est de n’y vendre que de la volaille surgelée, pour 80 % du volume sous la forme de filets de poulet ou de dinde destinés aux industriels. Les 20 % restants sont des produits transformés, importés du Brésil ou préparés dans nos deux usines européennes (Pays-Bas, Angleterre) pour des assembleurs, le food service, les GMS dans certains pays. Nous réalisons 850 millions d’euros d’activité pour 280 000 tonnes, sans vendre directement aux consommateurs avec nos marques, excepté en Italie (Speedy Pollo). Cela fait de nous le plus gros opérateur étranger en Europe. »

Quelle ligne de conduite se donne BRF en général et sur ce marché en particulier ?

C. V. - « Nous avons toujours eu le souci d’apporter du service aux clients et aux consommateurs, avec des marques fortes qui nous engagent. BRF a la volonté de produire et de transformer dans les zones où il est présent, ce qui s’est concrétisé par une nouvelle usine à Abou Dabi, capitale des Émirats arabes unis. Vouloir grandir hors du Brésil est une tendance de fond.

L’Europe est importante par sa taille de marché et par le niveau d’exigence de ses consommateurs. Y être un opérateur fiable est riche d’enseignements pour bien nourrir le reste du monde. L’Europe devance souvent ce qui va arriver ailleurs ; c’est une source permanente de recherche d’innovation sur les produits finis et de prise en compte de nouvelles attentes. Les consommateurs européens nous poussent à être meilleurs dans le reste du monde. »

Avez-vous des velléités de rachat d’entreprises, comme des rumeurs l’ont prétendu pour Doux et Plukon ?

C. V. - « Rien n’est en cours, mais le groupe n’est fermé à rien. BRF regarde les opportunités qui lui sont présentées. La clé est de trouver la bonne méthode pour arriver à satisfaire les attentes locales. Pour l’instant, on le fait très bien au départ du Brésil, avec une seconde transformation en Europe. »

Quel serait le déclic pour déclencher une telle décision ?

C. V. - « Nous n’avons pas accès à 80 % du marché européen qui est celui du frais. Le premier intérêt d’une implantation serait d’y avoir accès, puis à des savoir-faire, à une meilleure connaissance du consommateur et à des marques locales. En Europe, nous ne sommes pas encore un acteur à marques où nous travaillons à façon pour apporter des produits sécurisés, compétitifs, produits au Brésil selon les standards européens. »

Les Français se plaignent des importations du Brésil et d’ailleurs. Qu’en dites-vous ?

C. V. - « Opposer des filières ou des pays et faire des amalgames n’est pas le bon débat. On devrait regarder le travail qui est réalisé entreprise par entreprise. Le marché a besoin d’une offre la plus large possible, de la volaille française à la brésilienne. BRF fait partie des bons élèves. Il s’attache à avoir les meilleurs standards dans ses élevages et ses outils industriels, tout en apportant un bon rapport qualité/prix. Le marché alimentaire s’est mondialisé. Cela ne signifie pas que les produits sont mauvais, à partir du moment où les opérateurs sont soucieux des consommateurs. Brasil Foods fait partie de ceux qui travaillent très correctement. »

- © DR

Français d’origine, Christophe Vasseur est entré chez BRF en 2008 où il dirige les activités de commerce, de marketing et d’approvisionnement pour la France, l’Italie, la Grèce et la Péninsule ibérique. Âgé de 40 ans, il a toujours travaillé dans la volaille, notamment chez Bourgoin et Unicopa.

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