Réussir Aviculture 14 novembre 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

L’Europe continue de plomber son industrie avicole

Les industriels européens de la volaille, réunis à Marseille, ont constaté la permanence des obstacles réglementaires qui les pénalisent sur la scène mondiale.

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- © Infographie Réussir

Venus de quatorze pays d’Europe, les cent soixante congressistes de l’Avec — la structure de lobbying de l’industrie d’abattage et de transformation des volailles — ont entendu ce qu’ils savaient, hélas, déjà. Koen Van Dyck, fonctionnaire européen de la DG Sanco, a fait un point de l’actualité des réglementations en cours de discussion : réglement Bref des meilleures techniques disponibles, viandes séparées mécaniquement, farines animales, inspection des abattoirs, paquet hygiène, campylobacter, antibiotiques, aliments médicamenteux, étiquetage de l’origine, accord entre les USA et l’UE. Selon l’économiste Peter Van Horn, la liste des réglementations européennes fait trois pages ! Le chercheur néerlandais évalue le surcoût induit à 5 % du prix de revient à la ferme, auquel s’ajoutent encore les législations générales et spécifiques. Calculés pour les principaux pays européens, « à la ferme, les coûts de production du poulet sont assez homogènes », résume le chercheur, avec des écarts de l’ordre de plus ou moins 5 % autour des 1000 euros par tonne de vif l’an dernier « Les plus bas sont les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la France se situant à la moyenne.


Une protection aux frontières vitale pour l’industrie européenne


Mais cette réglementation n’explique pas tous les écarts de compétitivité avec les pays tiers, dont certains sont à nos portes. La moyenne européenne sortie abattoir (1730 €/t en 2013 à +-8 %) est nettement supérieure au reste du monde. En tête, le Brésil et l’Argentine à -32 % (moins de 1200 €/t) suivis des USA et de l’Ukraine à -22 % et -23 %. Dans ces conditions, l’Union européenne doit ériger des barrières tarifaires efficaces, si elle veut conserver une industrie qui en 2012 générait 300 000 emplois et 32 milliards d’euros d’activité pour 12,9 millions de tonnes produites. L’économiste démontre qu’une baisse de 50 % des droits de douane avec ou sans baisse de 10 % de la parité de l’euro auraient des effets destructeurs. Dans tous les cas, les produits importés seraient moins chers. Après l’échec durable des accords multilatéraux au sein de l’OMC, l’UE s’est engagée tous azimuts sur la voie d’accords bilatéraux (Amérique du Sud, Canada, Ukraine, USA). « Entre un commerce libre (« free trade ») et un commerce équilibré (« fair trade »), l’Europe devra trouver le bon compromis, estime Peter Van Horn. C’est-à-dire en dosant ses droits d’importations tout en légiférant sans imposer trop de surcoûts. » Une chose est certaine. La volaille devrait faire partie des produits « sensibles », sinon la libéralisation des échanges sera « assez catastrophique ». Le représentant des autorités européennes, Koen Van Dyck, est allé dans ce sens, affirmant que l’UE sera inflexible avec les américains sur la chloration finale des volailles. À écouter les commentaires des congressistes, le doute était de mise…

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