Réussir Aviculture 10 octobre 2014 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

L’embargo russe perturbe le marché de la VSM

Même si les volumes concernés sont faibles, l’embargo russe ennuie les opérateurs des pays concernés qui vont se concurrencer sur d’autres marchés.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La Russie absorbait de la viande 
de poulet séparée mécaniquement vendue aux alentours de 400 euros 
la tonne.
La Russie absorbait de la viande de poulet séparée mécaniquement vendue aux alentours de 400 euros la tonne. - © P. Le Douarin

Depuis le 7 août, le commerce agroalimentaire entre cinq groupes de pays(1) et la Russie est l’objet d’un embargo d’un an. Pour la volaille, sont concernés la « viande et les abats » (code douanier 0207), incluant le foie gras cru et congelé, ainsi que la « viande salée, saumurée, séchée ou fumée » (code 0210), mais pas les « préparations de viandes, d’abats et de foie gras » (code 1602).
Les volumes et les montants concernés en France et en Europe sont relativement modestes. En 2013, l’Union européenne a expédié presque 100 000 tonnes pour un montant de 85 millions d’euros. Premier exportateur européen, la France y a vendu environ 25 000 tonnes, pour un montant de moins de 18 millions d’euros.


85 % de la VSM française exportée est concernée


Il s’agit de produits congelés à faible valeur ajoutée : abats (environ 3 000 t), viandes séparées mécaniquement (surtout VSM de poulet pour 20 000 t), dindes entières (moins de 800 t de baby dinde). Le débouché russe représente 73 % de la valeur et 85 % des volumes de la VSM française exportée. C’est ce qui préoccupe Gilles Le Pottier, délégué général du CIPC et du Cidef. « Cette annonce brutale peut avoir un effet domino. Tout le monde va se tourner vers les mêmes marchés. »
Le prix de la carcasse destinée à fabriquer de la VSM s’est effondré. Doux a freiné sa production de baby dinde dès le mois d’août. Pourtant, les exportateurs avaient anticipé les tensions estivales. Les volumes ont nettement fléchi les cinq premiers mois de 2014, avec une baisse de 12 % pour l’origine France (7600 t). Les principaux bénéficiaires de l’embargo seront le Brésil, aux dépens des États-Unis (270 000 t sur les 420 000 t importées en 2013). Le Brésil, qui a exporté 47 000 tonnes en 2013, anticipe un retour en force.


(1) Union européenne, États-Unis, Norvège, Canada, Australie.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui