Réussir Aviculture 17 octobre 2012 à 16h23 | Par P. Le Douarin

Interview de Philippe Juven, nouveau président du CNPO - "Donner des chiffres fiables à la filière oeufs"

Producteur d'oeufs drômois, Philippe Juven a pris la présidence de l'interprofession depuis quelques mois. Il fait le point sur les dossiers d'actualité.

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PHILIPPE JUVEN EST PRODUCTEUR D’ŒUFS À HOSTUN DANS LA DRÔME. Agé de 57 ans, il a toujours été engagé dans les organisations agricoles : départementales (Jeunes agriculteurs, chambre d’agriculture, Filavi 26), régionales (Apose, Afivol) et nationales (CFA, CNPO, Itavi). Administrateur du CNPO depuis sa création en 1996, il a suivi de près le dossier des mises aux normes.
PHILIPPE JUVEN EST PRODUCTEUR D’ŒUFS À HOSTUN DANS LA DRÔME. Agé de 57 ans, il a toujours été engagé dans les organisations agricoles : départementales (Jeunes agriculteurs, chambre d’agriculture, Filavi 26), régionales (Apose, Afivol) et nationales (CFA, CNPO, Itavi). Administrateur du CNPO depuis sa création en 1996, il a suivi de près le dossier des mises aux normes. - © P. Le Douarin

 


Quel bilan faites-vous de la mise aux normes des élevages de poules logées en cages ?


Je salue le travail de l’ensemble de la filière pour mettre aux normes les élevages français dans les délais impartis. Pour l’instant, il est difficile d’avoir un panorama précis du parc de bâtiments tant qu’il reste des travaux en cours dans les élevages, mais je souhaite réaliser ce bilan en 2013 afin d’avoir une meilleure visibilité sur l’ensemble des élevages de la filière. Du point de vue technique, il est néces- saire de poursuivre les recherches afin d’optimiser la zone de grattage qui pose problème dans les élevages. Des solutions doivent être trouvées pour améliorer l’hy- giène de cette zone, car les tapis à picots sont très salissants et ne peuvent pas se nettoyer, sans compter qu’ils s’usent très vite. La réglementation parle d’une zone avec un matériau « friable mis à dispo- sition afin que les poules expriment leur comportement ». Les instituts de recher- ches, notamment l’Anses, travaillent sur d’autres matériaux comme les blocs à piquer. Sur le plan économique, nous estimons l’effort consenti par la filière œuf française à un milliard d’euros depuis 2006. À raison d’un mois de travaux par 10 000 poules relogées et 32 millions de places, le temps d’adaptation équivaut à 3 200 mois. C’était un chantier énorme.

 

 

Après la mise aux normes, la filière est-elle en capacité de résister à la hausse des matières premières ?


À ce jour, l’impact des matières premières est d’environ 80 euros/tonne, c’est-à-dire 3,20 euros par poule et par an, donc plus d’un centime par œuf sortie élevage. La contractualisation protège la majorité des éleveurs fournisseurs, mais ce système fonctionne bien avec des cours stables. Si on ne fait rien, le contrat risque d’être remis en cause alors que les élevages sont fragilisés par les mises aux normes. Il faudra trouver des solutions pour réduire le coût de l’approvisionne- ment. On ne peut pas réclamer en permanence de petites hausses aux clients... Ce thème sera l’objet de la journée nationale annuelle du CNPO, le 8 novembre.

 


Le terrain regrette le manque de fiabilité des indicateurs de fonctionnement de la filière. Le CNPO compte t-il les améliorer ?


Chaque organisation représentée au CNPO est destinataire de nos informations économiques. J’entends ces critiques. À mon premier conseil d’administration, j’ai proposé d’activer la commission économie pour aller plus loin sur l’analyse des données économiques. Nous allons recueillir les souhaits des différents maillons. Nous travaillerons avec l’Itavi pour produire des éléments plus précis sur les prévisions de mises en place et de production d’œufs, sur les coûts de revient, en France mais aussi dans l’UE. Nous verrons ensuite comment améliorer leur diffusion. Hugues Mongé (représentant le Snia) présidera cette commission.

 


Quel scénario vous paraît le plus probable pour l’année 2013 ?


Des pays européens importants comme l’Espagne, l’Italie, voire la Pologne, se mettent aux normes. Leur production tend à baisser ce qui devrait soulager l’offre européenne en 2013. Au niveau mondial, la filière œuf est perturbée par l’influenza aviaire qui a touché le Mexique. Ce pays va importer le temps de retrouver sa production. Le marché des ovoproduits devrait rester à l’équilibre en Europe. En France, la production plein air s’est fortement développée et il est important que ce marché reste équilibré. L’impact du coût des matières premières restera une préoccupation. Enfin, la consommation des œufs a augmenté depuis 2009 et même si elle était plutôt stable en 2011, je souhaite poursuivre les actions de communication du CNPO pour la favoriser.

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