Réussir Aviculture 24 avril 2007 à 16h01 | Par Propos recueillis par Pascal Le Douarin

Gilles Huttepain - « Valoriser notre système de sécurité alimentaire »

Face aux avantages compétitifs des pays fournisseurs de minerai de volaille, LDC joue à fond la carte de l´acte d´achat citoyen « achetez français ». En amont, Gilles Huttepain invite à retrouver activement la compétitivité passée, surtout en dinde.

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Sommes-nous définitivement sortis du tunnel de la crise ?
Gilles Huttepain - D´abord, nous constatons aujourd´hui le retour à des marchés équilibrés. Pour deux raisons. La première est que la consommation est revenue à son niveau d´il y a un an. La seconde est que la production a globalement diminué. Les volumes de poulet standard et label se sont à peu près redressés, mais la dinde reste en retrait. Conséquence de la crise de 2006, nous connaissons également un manque de reproducteurs sur le marché français. C´est un peu normal, tout le monde a joué la prudence, y compris les abattoirs donneurs d´ordres. Ce qui nous inquiète surtout, c´est l´augmentation des prix de revient et des coûts. Des aliments, des poussins, du gaz, de la main-d´oeuvre. Depuis quatre mois, les prix de reprise auprès des abattoirs ont augmenté de près de 10 %. Ceux-ci ont énormément de mal à les répercuter à la vente.
La production de dindes a t-elle un avenir en France ?
G. H. - Les couvoirs ne gagnent plus leur vie, les éleveurs non plus, ni les organisations de production, ni les fabricants d´aliment et ni les abattoirs. Mais la dinde a un avenir sous certaines conditions. Elle doit regagner sa compétitivité par rapport au poulet. Pour celui-ci, la performance a continué à progresser tandis qu´en dinde elle a plutôt régressé. Il faut motiver tous les maillons pour aller chercher des gains de productivité. Apporter des changements dans l´alimentation de la dinde, comme avec certaines graisses utilisables. Améliorer les conditions de travail des éleveurs. L´enjeu concerne toutes les parties prenantes. Enfin il reste à revaloriser le prix de la viande de dinde, en faisant attention au niveau de prix afin de ne pas attirer du filet de dinde brésilien et thaïlandais cuits, voire même polonais.
LDC est implanté en Pologne. Ces nouveaux membres de l´UE sont-ils une menace ou une opportunité ?
G. H. - Leurs prix de revient sont à peu près équivalents aux nôtres, voire plus chers compte tenu des fluctuations de matières premières végétales. La Pologne n´est pas le Brésil, où l´avantage compétitif commence déjà avec les matières premières végétales. Les performances techniques sont moindres, ainsi que la logistique et l´automatisation. Par contre, la main-d´oeuvre coûte moins cher. LDC n´est pas en Pologne pour produire et envoyer en France. Nous accompagnons le développement de la grande distribution polonaise, sachant qu´avec le niveau de vie qui monte, les besoins de consommation se développent. Il est cependant incontestable que des échanges se développeront avec les autres États membres.
Marseillaise et French cancan* font vendre la volaille. Manger français est-il dans l´air du temps ?
G. H. - Notre nouvelle campagne de publicité s´axe bien sur la spécificité française des volailles de LDC. En volaille, nous sommes les premiers à argumenter sur cette thématique. Le groupe s´appuie complètement sur la démarche 4F (né, élevé, nourri et préparé en France) associée à la marque Le Gaulois. Nous avons également reconditionné le sigle de la marque, rendue plus rassurante et plus conviviale, aux couleurs nationales. Cette campagne marque les esprits du monde de la volaille. C´est un message qu´apprécient les producteurs fournisseurs et les salariés. Pour partie, la consommation revient vers une forme de nationalisme. Soyons fiers d´avoir au plan sanitaire un système parmi les mieux sécurisé au monde. C´est notre rôle de le crédibiliser à travers nos marques.


* Dans des publicités télévisées, des poulets chantent la Marseillaise et dansent le French cancan.

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