Réussir Aviculture 18 août 2015 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Enquête avicole 2014 : une embellie des marges en volailles de chair, sauf en dinde

Les marges se sont redressées l’an dernier après une mauvaise année 2013, à l’exception de la dinde. La baisse des charges est tombée à point nommé.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La performance est plus que jamais prépondérante en standard.
La performance est plus que jamais prépondérante en standard. - © P. Le Douarin

En 2014, toutes productions chair confondues, l’enquête annuelle des chambres d’agriculture du Grand Ouest a concerné près de 4000 lots réalisés par 470 éleveurs et 1090 bâtiments dans 16 départements représentant 896 000 m2 de surface (1). Soixante-six entreprises partenaires (OP, coopératives, fabricants d’aliments) sont impliquées.

La bonne surprise de l’année 2014 aura été la stabilisation, voire la baisse des charges variables. Une météorologie clémente, un prix du gaz autour des 850 euros la tonne et les économies d’énergies consécutives aux efforts de rénovation se concrétisent par une baisse du coût de chauffage. C’est une première.

Les charges fixes affectables (hors frais annexes comme épandeur, chargeur, hangar…) sont évaluées sur 82 exploitations spécialisées (à plus de 75 %). S’établissant à 19,78 eurospar mètre carré et par an en moyenne, elles augmentent de 1,5 euro par mètre carré. Tout augmente, surtout la MSA (3,5 euros contre 3,09 euros) et le poste « autofinancement et annuités » (10,1 euros contre 9,7 euros), « ce qui traduit les efforts de construction et de rénovation », souligne Élodie Dezat, coordinatrice de l’enquête.

- © Infographie Réussir

Des marges de progrès pour beaucoup de quarts inférieurs

Presque toutes les productions s’améliorent aux plans technique et économique, exception faite de la dinde.

En poulet grand export (souche classique), avec presque 321 kg sortis par mètre carré et par an, la productivité n’a jamais été aussi élevée. Les vides sanitaires continuent à être faibles (12,4 jours). L’enquête confirme la baisse spectaculaire de l’indice de consommation. Elle était survenue au second trimestre 2013 et se traduit par des indices moyens de 1,623 pour 1,364 kg. Les différences de résultats annuels entre bâtiments s’expliquent par la durée des vides.

En poulet standard, l’indice de consommation est lui aussi en baisse, mais la productivité marque le pas, sans doute sous la contrainte de la réglementation bien-être. Cependant, les marges poussin-aliment et brute annuelles s’améliorent. Entre les bâtiments du quart inférieur et ceux du quart supérieur, 70 kg par mètre carré d’écart annuel de poids sorti de (+ 32 %) se traduisent par 23,1 euros par mètre carré de marge brute supplémentaire (+123 %).

En poulet lourd, les marges du sexé restent supérieures à celles du non sexé. L’indice de consommation diminue et le poids augmente. L’indice de performance stagne et semble pénalisé par la hausse de la mortalité, en relation avec la maîtrise sanitaire. Les écarts entre bâtiments sont minimisés par des effets contractuels (25 kg d’écart de poids font 25 euros de marge brute m2/an). Les éleveurs qui performent le mieux, sont ceux qui font du poids en minimisant pertes et saisies.

En dinde, alors que la marge poussin-aliment se maintient, la marge brute se dégrade. La baisse des frais de chauffage ne compense pas la hausse des frais de santé et de litière. La technique a faibli, avec une hausse des pertes et de l’indice conjugués à une stabilité des poids moyens. Il en résulte une baisse de l’index de performance. Pour un écart moyen de 26 kg par mètre carré et par an entre les quarts inférieur et supérieur, la marge croit de 72 % (+ 17 euros/m2/an). Élodie Dezat remarque qu’avec un retour général au format medium la « mode » de la dinde alourdie est passée.

En canard, la marge brute s’améliore de 1,32 euro par mètre carré et par an, bien que la marge sur caneton-aliment se dégrade. C’est grâce à la baisse des frais de chauffage et de santé. Elle reste néanmoins très inférieure à celle de 2012 (4,76 €/m2 d’écart). Le poids moyen repart (4,153 kg) et l’indice recule (2,698). Les groupements de production ont été diversement impactés par les conditions du marché jouant sur la durée des vides sanitaires. Le quart supérieur dégage 2,18 fois plus de marge brute annuelle que le quart inférieur (écart de 32 €/m2).

En pintade, avec 65 lots suivis, l’échantillon est faible. La tendance est à l’amélioration technique (poids, indice, saisies), mais la dégradation du vide sanitaire (23,6 jours) se traduit par une hausse moindre de la marge pintadeau-aliment qui atteint 12,6 euros par mètre carré et par lot. La baisse des charges variables de 1,86 euro par mètre carré et par an a fait du bien.

En poulet label rouge, les deux marges s’améliorent significativement, malgré une hausse des vides sanitaires (25,8 jours). Compte tenu de cahiers des charges proches, les écarts de marge brute sont plus resserrés entre quart inférieur et supérieur (13,3 euros/m2/an). L’effet contractuel est très important, notamment en faveur du plus gros opérateur.

(1) L’Aisne, l’Indre et Loire et la Manche se sont retirés de l’enquête.

- © Infographie Réussir

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui