Réussir Aviculture 11 août 2014 à 08h00 | Par Armelle Puybasset

Les marges en volaille de chair ont baissé en 2013 malgré des gains techniques

La hausse des performances techniques en volaille de chair ne compense pas la baisse de la rémunération et l'augmentation des charges variables. C'est ce que révèle l'enquête avicole 2013 des chambres d'agriculture.

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n poulet standard, l'indice de consommation s'améliore tandis que la productivité par mètre carré et par lot diminue.
n poulet standard, l'indice de consommation s'améliore tandis que la productivité par mètre carré et par lot diminue. - © Armelle Puybasset

La situation est paradoxale. Alors que l'avenir de la filière poulet grand export semble des plus incertain, la productivité de cette production n'a jamais été aussi élevée (316 kg/m2/an en souche classique !). C'est ce que révèle l'enquête annuelle des chambres d'agriculture du Grand Ouest qui concerne plus de 500 éleveurs de vingt-deux départements représentant 925 000 m2 de surface, toutes productions chair confondues. En poulet export, la rotation a dépassé huit lots par an et l'indice de performance a gagné 35 points. « Les vides ont été en moyenne de 12 jours, du jamais vu depuis le début de l'enquête », a relevé Élodie Dezat, coordinatrice de l'enquête. Les résultats plutôt favorables de ces lots, abattus sur l'ensemble 2013, n'ont pas ou peu été pénalisés par l'arrêt brutal des restitutions en novembre.
Depuis, le contexte a bien changé. Les prix de reprise et les marges poussin-aliment par lot ont chuté depuis le début de l'année 2014.

- © Infographie Réussir

Une érosion de la marge brute quasi générale


Globalement, la tendance à l'amélioration des performances et à la baisse des marges brutes est assez générale, avec quelques bémols selon les espèces. « En poulet, c'est la quantité de viande produite qui dicte le revenu » , souligne Élodie Dezat. En standard, l'indice de consommation s'améliore (1,710 kg) tandis que la productivité par mètre carré et par lot diminue, « conséquence probable de la directive bien-être ». En poulet lourd, les poids moyens progressent et l'écart entre sexés et non sexés se resserre.
En dinde, la productivité est stable (181 kg/m2/an). La baisse de la MPA annuelle est en partie compensée par la diminution des charges variables (gaz et frais de santé). C'est en canard que la chute des marges est la plus forte. Du fait de difficultés liées au marché, les durées de vide ont augmenté de huit jours en moyenne (29,5 jours). En pintade, la marge brute progresse grâce à la maîtrise des charges variables. C'est l'inverse en poulet label où l'augmentation des frais de santé, de litière et de cotisation groupement, pèse sur la marge brute. Après quatre années de hausse, le solde disponible baisse à 9 EUR/m2/an en euros constants (il était au plus bas en 2006 à 6 euros). La diminution s'explique par la baisse de la marge poussin aliment au kilo de poids vif, mais aussi par l'augmentation importante du poste annuité + autofinancement.

- © Infographie Réussir

Une augmentation des constructions de bâtiments


Cette hausse des frais de construction et de rénovation est un signe positif pour l'avenir de la filière, à mettre en parallèle avec l'amélioration des performances. Le nombre de bâtiments de moins de cinq ans de l'échantillon a doublé depuis l'an dernier et représente un poulailler sur dix.
Selon l'enquête, s'installer avec un bâtiment neuf et sans aide des partenaires reste difficile ou exige de se situer parmi les meilleurs éleveurs. Avec un coût d'investissement de 230 EUR/m2 en poulet ou dinde standard, le solde disponible de 0,75 EUR/m2/an pour la moyenne des lots monte à 9,17 euros pour les 50 % meilleurs résultats. « C'est beaucoup plus envisageable avec un bâtiment d'occasion », précise Élodie Dezat. Le solde atteint 8,95 EUR/m2/an pour la moyenne des éleveurs et 15 euros pour les 50 % meilleurs.

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