Réussir Aviculture 24 avril 2015 à 08h00 | Par P. Le Douarin

Doux surfe sur un euro en chute

Dopé par un euro non soutenu par la BCE, le groupe Doux produit à tout rompre pour engranger du cash et se préparer à des périodes plus difficiles.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Arnaud Marion à Angers. «Toute la filière avicole a pris conscience que la volaille française doit se défendre en France, mais aussi à l’extérieur. Les marchés sont là et il faut y répondre. »
Arnaud Marion à Angers. «Toute la filière avicole a pris conscience que la volaille française doit se défendre en France, mais aussi à l’extérieur. Les marchés sont là et il faut y répondre. » - © P. Le Douarin

La filière Poulet Grand export représente 18 % des volumes de poulets produits en France. Quand l’un de ses deux acteurs souffre, cela se voit immédiatement dans les statistiques.


En 2014, les volumes exportés se sont réduits de 22% (175 000 tonnes au lieu de 224 000 tonnes) selon le Gipep, le Groupement interprofessionnel du poulet export. Ils sont en lien direct avec les difficultés de Tilly Sabco. Le volailler breton n’a pas eu la trésorerie suffisante pour attendre le rebond et profiter de la baisse de l’euro, comme Doux le fait depuis plusieurs mois.

Réforme structurelle en profondeur

Depuis 2012, l’autre groupe finistérien a fait une réforme structurelle en profondeur et a changé de modèle économique, a rappelé Arnaud Marion à Angers, lors de la réunion des interprofessions de la volaille.


À tel point que, selon Doux, l’écart de compétitivité se serait inversé avec le Brésil. Désormais, hors effet monétaire, le différentiel est en faveur de la Bretagne (- 40 euros/tonne) quand il était à son détriment en janvier 2012 (260 €/t).


Ce sont ces efforts qui ont permis de résister en bas de cycle et de profiter de la baisse de l’euro assure le dirigeant. « Notre point mort se situe à une parité de 1,32 dollar pour un euro » souligne encore le président du directoire de Doux.


En 2014, la parité moyenne a été à 1,37 alors qu’elle avoisine actuellement 1,05 à 1,1 dollar pour un euro.

Trouver un mécanisme amortisseur des parités

Après une croissance de 3% en 2014, Arnaud Marion s’attend à 6-8% d’augmentation cette année (200 millions de poulets) dans un marché à +4%. « Avec 18 000 tonnes par mois, nous sommes au maximum de nos capacités. Les marchés sont là. L’export n’est pas un problème, c’est une solution.»


Le président de Doux sait que cette euphorie liée aux parités monétaires ne durera pas.


Pour assurer l’avenir, il invite la filière à réfléchir collectivement à un mécanisme de lissage des dérapages monétaires. Faute de quoi, d’ici deux ans le retournement des conditions économiques ne permettra pas à l’ensemble de la filière grand export d’être aussi profitable, donc d'assurer sa pérennité.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Tient-on suffisamment compte des mycotoxines dans les aliments composés?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui