Réussir Aviculture 28 juin 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Armelle Puybasset

« Des signaux positifs pour les fabricants d’aliment » estime Alain Guillaume, président du SNIA

Malgré l’érosion des volumes d’alimentation animale, Alain Guillaume voit d’un bon œil les premiers signaux positifs en faveur d’une relance des filières hors-sol.

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Alain Guillaume préside le Syndicat national de l’industrie de l’alimentation animale (SNIA). Il est également directeur délégué de 
Glon-Sanders, pôle animal de Sofiprotéol.
Alain Guillaume préside le Syndicat national de l’industrie de l’alimentation animale (SNIA). Il est également directeur délégué de Glon-Sanders, pôle animal de Sofiprotéol. - © C. Gérard

. Comment évolue l’activité des fabricants d’aliment ?


Sur 2013, les volumes sont en légère baisse (- 0,3 %). Avec une hausse en bovin de 1,4 %, ils ont été pénalisés par l’activité en porc (- 3,6 %) et en volaille (-1,2 %). Ce dernier chiffre cache de fortes disparités selon les productions : progression en poulet, hausse marquée en pondeuse et très forte baisse en dinde. Les premiers chiffres de 2014 sont mitigés avec une croissance en bovin et une chute dans les productions hors sol. La tendance sur le premier trimestre 2014 est à la baisse en volaille (3 à 4%) avec une forte diminution en poulet, notamment en Bretagne, et une stabilité en pondeuse.


. Une enquête FranceAgriMer a fait part d’un vent de pessimisme chez les fabricants. Qu’en est-il ?


Ce sondage a été réalisé il y a un an lorsque les fabricants d’aliments étaient très préoccupés par l’avenir des productions animales et que beaucoup de clignotants étaient au rouge. Les choses sont en train d’évoluer. Les demandes des différents maillons, pour permettre aux éleveurs et aux industriels d’investir et de retrouver de la compétitivité, ont été entendues par les pouvoirs publics (à travers par exemple les rapports Berger). Les effets ne se font pas encore sentir mais un certain nombre de signaux apportent un souffle nouveau : soutien de la filière export, reprises de parts de marché sur le poulet en France, évolution de la réglementation pour faciliter l’augmentation de la taille des exploitations… Nous attendons que ces signaux se concrétisent sur le terrain.


. Comment évolue le parc d’usines ?


Avec 280 sites de production en 2013, le secteur continue à se restructurer avec un rythme moyen de cinq fermetures par an. Dans le même temps, les usines se modernisent et s’agrandissent. Pour économiser les coûts de transport, les fabricants établissent des coopérations industrielles pour faire fabriquer chez un confrère lorsque l’élevage est trop éloigné ou pour investir ensemble. C’est une tendance forte, en particulier dans les régions à faible densité.


. Quelles solutions pour faire face à la volatilité ?


Contractualiser nos achats et développer une politique de substitution des matières premières permet d’amortir au mieux la volatilité des cours. C’est un savoir-faire que nous avons depuis longtemps. C’est notre cœur de métier. Même si la volatilité est un peu plus faible actuellement, le coût des céréales comme des oléo-protéagineux reste à un niveau très élevé.


.  Comment réduire le coût de la protéine ?


Une des clés est d’avoir des origines diversifiées de matières premières pour optimiser en permanence le coût des formules d’aliment. Nous nous réjouissons de trois avancées récentes qui vont contribuer à augmenter la disponibilité en protéines. Le secteur de l’alimentation animale a signé un accord au sein de l’interprofession céréalière visant à améliorer la teneur en protéines des blés français. À partir du 1er juillet, les contrats conclus entre les organismes collecteurs devront mentionner une teneur en protéines. Deuxième point qui nous réjouit et qui faisait d’ailleurs partie de nos 18 propositions pour relancer l’élevage : le maintien du taux d’incorporation des biocarburants à 7 % au lieu des 5 % envisagés. Cela nous garantit un bon niveau de production de tourteaux de colza. Le troisième point concerne l’éligibilité des cultures aux futures aides PAC. Les modalités sont en cours d’arbitrage. Nous souhaitons que les protéines produites en France (le pois, la féverole et le soja qui vient d’être rendu éligible dans la catégorie des cultures riches en protéines) bénéficient d’aides de la PAC à condition que leur utilisation en alimentation animale soit encouragée et favorisée.

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