Réussir Aviculture 29 mars 2016 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

La société Duc fait de la résistance

Dans le dernier carré des indépendants, le spécialiste national du poulet certifié, la société bourguignonne Duc, mise sur les marchés internationaux et sur le développement de niches pour résister dans un marché GMS français concurrencé.

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Là où tout a commencé en 1990 : le site historique de Chailley avec l'abattoir et l'usine d'aliment.
Là où tout a commencé en 1990 : le site historique de Chailley avec l'abattoir et l'usine d'aliment. - © P. Le Douarin

Créée en 1990 à Chailley dans l'Yonne par le « roi du poulet » Gérard Bourgoin, la société Duc a toujours eu pour vocation de produire un poulet certifié de 56 jours, à mi-chemin entre un poulet label rouge et un poulet standard. Vingt-six ans plus tard, l'intuition de Gérard Bourgoin a été couronnée d'un succès relatif. « Duc est le premier opérateur avec 35 % de part du marché en certifié, annonce le directeur général Joël Marchand. Soit l'équivalent d'environ 450 000 poulets par semaine. » Il considère que le certifié représente 12 % de l'entier et 18 % de la découpe. Le poulet certifié pèserait donc environ 10 % du marché GMS, aux deux tiers découpés. « Néanmoins, le certifié souffre encore d'un manque de notoriété qui le pénalise par rapport aux marques label rouge, reconnaît Joël Marchand. D'autant que celui-ci est souvent en promotion. » Pourtant, le certifié n'aurait pas à rougir au plan gustatif. « Des tests d'une société spécialisée le placent même très bien », souligne le directeur général.

Une marque Duc sous-représentée en GMS

La principale cible de Duc, ce sont les GMS à 65 %, avec une gamme « coeur de cible » vendue pour les trois quarts sous forme de barquettes de poulet découpé cru. Et 80 % de ces ventes s'effectuent sous marques de distributeurs (MDD). Pour se différencier de ses concurrents, Duc met en avant sa filière verticale, maîtrisant tous les maillons de l'accouvage au produit final, avec un poulet nourri sans OGM. À côté des 600 000 poulets produits en moyenne par semaine, Duc commercialise 33 000 dindes par semaine. Elles sont élevées par la coopérative bretonne Cecab, abattues à façon, pour être ensuite découpées et conditionnées dans l'unité Duc de Riec-sur-Belon (29). « Depuis longtemps, cette activité manque de rentabilité, concède Joël Marchand, mais il nous faut proposer une gamme large. Idéalement, il faudrait s'appuyer sur un partenaire pour doubler les volumes traités et retrouver de la compétitivité. »

Des résultats sur le fil du rasoir

Pour tirer son épingle du jeu dans un marché GMS très disputé, depuis une quinzaine d'années Duc a exploré la piste du halal, des produits transformés de dinde et des panés fromagers avec le groupe Bongrain. Et elle a même créé une filiale en Bulgarie. Au bout du compte, la « start-up » des années quatre-vingt-dix a du mal à trouver son orbite. Elle génère entre 180 et 200 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année, mais est sur la corde raide depuis dix ans. Elle cumule des résultats annuels négatifs. L'entreprise ne bénéficie pas des économies d'échelle des grands. D'autant qu'elle fonctionne sur trois bassins, dont celui du Sud-Est qui est très étendu et avec un abattoir gardois qui s'approvisionne dans la Drôme.

 

- © Infographie Réussir

Une volonté farouche de s'en sortir

Pourtant, Joël Marchand se veut résolument optimiste. Sa ligne de conduite est simple : réinvestir et valoriser tous les morceaux des volailles sur le marché français et à l'international, notamment l'Asie qui a bien démarré. « Les Chinois raffolent de ce qui a à la fois de la viande, de la peau et des os. » Il veut faire progresser l'export d'un point par an (10 % du chiffre d'affaires actuellement), mais l'influenza a momentanément cassé la dynamique. L'entreprise pourrait se rétablir si des investissements importants étaient réalisés. En charge de l'amont, Jean-Pierre Chareyron annonce 35 000 m2 de poulaillers neufs dans les deux ans. Un programme de 15 millions d'euros a démarré sur trois années. L'installation de broyeurs à disques à l'usine d'aliments de Chailley est en cours pour 300 000 euros et un million est acté pour l'atelier de découpe du Gard. Suivront Chailley (pour cinq millions) et Riec-sur-Belon. Le rétablissement des fonds propres (négatifs de dix millions d'euros fin 2014) est en voie d'amélioration après un apport de capital cette année équivalent à près de cinq millions. Un accord d'étalement des dettes a été trouvé avec les créanciers, dont l'État. « À terme, il est possible que nous ayons un partenaire étranger », suggère le directeur général. Cela dépendra de l'actionnaire majoritaire François Gontier. L'homme d'affaires sait qu'il peut compter sur les cadres, sur les salariés et sur les éleveurs qui restent fidèles et se démènent pour Duc.

Chiffres clés

. 51 000 tonnes de produits finis

. 185 millions euros de chiffre d'affaires 2014

. Moins 3,7 millions de résultat net 2014

. 8 outils industriels en France

. 825 salariés en CDI

. 178 éleveurs en direct

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