Réussir Aviculture 03 novembre 2016 à 08h00 | Par Xavier Cresp

Comment bien nettoyer sa salle de gavage

Pour compléter la formation des éleveurs à la biosécurité, la coopérative Maïsadour organise des démonstrations de lavage et désinfection de salle de gavage, une opération à réaliser à chaque fin de lot.

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Pour détremper du sol au plafond, Damien Saint-Germain, technicien palmipèdes Maïsadour, préconise une lance courte à jet puissant pour accéder au plus près tout en gagnant en confort de travail.
Pour détremper du sol au plafond, Damien Saint-Germain, technicien palmipèdes Maïsadour, préconise une lance courte à jet puissant pour accéder au plus près tout en gagnant en confort de travail. - © X. Cresp

Sur les 48 heures minimum entre le départ d’un lot gavé et l’arrivée du suivant, il faut consacrer 12 à 15 heures pour nettoyer correctement une salle de 1 200 places. « À raison de vingt lavages par an, c’est une lutte permanente contre les microbes qu’il faut optimiser en évitant les failles à chaque lavage-désinfection, insiste Laurence Zancan, technicienne volaille chez Maïsadour, car le risque zéro n’existe pas. » Sachant que « pour décontaminer un site, il faut tout nettoyer », précise bien Laurence Zancan, cette opération réclame de l’organisation et du savoir-faire. Cela va des logements, fosses, murs et allées, jusqu’au plafond, aux lanterneaux et aux jupes difficiles d’accès. Vu le temps qui leur est imparti, les éleveurs doivent trouver des astuces pour descendre les lanterneaux au plus bas et revoir les fixations des jupes pour faciliter leur déboulonnage. Pour réduire la pression microbienne au plus bas, il est primordial de respecter chacune des quatre étapes du processus de nettoyage : détrempage, détergence, décapage, désinfection.

Le détrempage systématique du biofilm

Détremper l’ensemble du bâtiment dès le départ des canards fait gagner en temps et en efficacité. C’est un prélavage : « comme pour la vaisselle, mieux vaut bien laisser tremper pour récurer ensuite sans fatigue », image l’animatrice. Décoller le biofilm en mouillant abondamment toutes les surfaces est l’objectif prioritaire. La buse standard du nettoyeur fait l’affaire, avec un débit plus important que la pression. La brumisation est déconseillée, faute de temps et à cause de la difficulté à bien mouiller toutes les surfaces. Contrairement aux idées reçues, il faut conserver une hygrométrie élevée dans la salle durant tout le processus, afin d’éviter le séchage de la crasse sur les surfaces à nettoyer.

La buse courbe et orientable est plus adaptée pour décaper dans les moindres recoins sans se tordre le cou ou les reins.
La buse courbe et orientable est plus adaptée pour décaper dans les moindres recoins sans se tordre le cou ou les reins. - © X. Cresp

La détergence, un passage obligé

L’application d’un détergent est indispensable pour éliminer le maximum de bactéries et économiser l’eau lors du décapage qui va suivre. Il faut compter environ 15 mètres cubes d’eau pour le nettoyage complet d’une salle de 1 200 places. Appliqué avec un canon à mousse, le détergent doit s’accrocher à toutes les parois. Pour une salle de 400 m2 au sol (et environ quatre fois plus en surface développée), il faut compter environ 500 litres d’eau (0,3 l/m2) et au moins 5 litres de détergent dosé à 1 % (jusqu’à 2 % selon le degré de salissure). La mousse s’applique avec un petit réservoir fixé à la lance, avec un système à dos, ou encore avec un chariot à mousse.

Le décapage avec du matériel précis

Le décapage est mieux réussi si le détrempage et l’application du détergent ont fait l’objet d’un soin attentif. Il permet de bien éliminer le biofilm, de nettoyer les recoins et de favoriser la désinfection. Par rapport à la phase de détergence, le décapage est réalisé en léger décalage pour respecter les 20 à 30 minutes de temps de contact du détergent et pour éviter d’intervenir sur un support ayant séché. En pratique, un opérateur seul travaille par section, en alternant détergence et décapage. Le travail est plus aisé avec des nettoyeurs haute pression à débit élevé (30 litres/minute). Inutile de forcer sur la pression : 160 à 180 bars suffisent et évitent d’abîmer les parois d’isolant. La rotobuse ou le jet plat sont utilisés selon les zones et la résistance des matériaux, avec des lances courbes ou des rallonges de lance.

 

Le chariot à mousse est précis et pratique d’utilisation, avec des buses réglées en fonction du produit employé. Il est proposé en location ou à la vente.
Le chariot à mousse est précis et pratique d’utilisation, avec des buses réglées en fonction du produit employé. Il est proposé en location ou à la vente. - © X. Cresp

La désinfection, la finition indispensable

« La désinfection nécessite un pulvérisateur avec un dosage précis de la quantité de désinfectant », prévient Laurence Zancan. Pour une salle de 400 m2, la technicienne conseille 3,5 litres de désinfectant virucide dilué en général à 1 % dans 350 litres d’eau (0,2 litre pulvérisé par m2 développé). « On désinfecte le bâtiment mouillé, insiste encore l’animatrice, et ce pour garantir l’efficacité. » Afin de n’oublier aucun recoin, la bonne méthode consiste à travailler par bandes, de haut en bas. La thermonébulisation n’est pas préconisée car en salle de gavage elle n’est vraiment efficace que dans un rayon de trois mètres. Ce qui oblige à déplacer l’appareil muni d’une protection individuelle complète.

Trouver des solutions spécifiques

Cette méthode « standard » de nettoyage a le mérite de proposer un schéma rapidement applicable, mais qui reste à adapter aux contraintes particulières. En gavage, il reste à résoudre la problématique du nettoyage intégral du pad-cooling et des grilles extérieures des extracteurs d’air. L’avenir des gaines souples de ventilation, difficilement nettoyables, est compromis. Des solutions pratiques devraient émerger sur le terrain au cours des prochains mois et à faire partager à la communauté des éleveurs de palmipèdes gras.

Vers un nouveau métier

Le nettoyage et la désinfection ne s’improvisent plus et doivent respecter un cahier des charges très précis. « C’est presque un nouveau métier », confiait une éleveuse des Landes présente à la démonstration. Avec un temps d’intervention contraint et la nécessité de réussir cette opération, des éleveurs hésitent entre investir dans du matériel ou faire réaliser la prestation. Dans le Sud-Ouest, le métier de laveur-désinfecteur est à créer, avec ses obligations de moyens et de résultat. Cette question devrait être rapidement à l’ordre du jour des préoccupations des groupements de producteurs.

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Bruno (64) | 01 décembre 2016 à 19:02:23

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