Réussir Aviculture 25 avril 2017 à 08h00 | Par Armelle Puybasset Pascal Le Douarin

Combiner les armes contre le pou rouge

Une lutte efficace contre le pou rouge et ses méfaits passe souvent par la mise en œuvre de plusieurs solutions aux modes d’actions complémentaires.

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L'objectif est d'atteindre la "partie immergée de l'iceberg".
L'objectif est d'atteindre la "partie immergée de l'iceberg". - © Irsea

L’acarien Dermanyssus gallinae, improprement dénommé pou rouge, est un hôte habituel des élevages de poules assez difficile à déloger.

Aux répercussions sur la santé de la poule (stress, anémie) et sur ses performances (taux de ponte, indice de consommation) s’ajoutent des œufs non commercialisables (tâches sur la coquille) et la gêne occasionnée à l’éleveur comme aux intervenants extérieurs. Le pou rouge est également un vecteur potentiel de maladies.

Les enquêtes de prévalence réalisées ces dix dernières années dans plusieurs pays européens indiquent des taux d’infestation avoisinant les 90 %. Une enquête récente menée en France pour MSD Santé animale fait état de la moitié des éleveurs se déclarant très préoccupés par le pou rouge, ce qui correspondrait aux deux tiers des poules. L’extrême difficulté à maîtriser ce petit acarien s’explique par sa biologie, comme l’explique l’acarologue Lise Roy. « Dermanyssus gallinae se comporte davantage comme un moustique que comme un parasite. » Une fois qu’il s’est nourri du sang de la poule, il se repose à l’écart de son hôte dans des cachettes difficilement accessibles. La population de poux atteinte par un traitement de contact ne représente que la partie visible de l’iceberg. Ce n’est pas l’efficacité du produit qui pose problème, mais bien l’accès à la cible.

C’est ce qui expliquerait le nombre conséquent de traitements répertoriés par l’enquête MSD Santé animale. Elle fait état de 5,2 traitements en moyenne par lot, sachant que 44 % des poules seraient systématiquement traitées par la moitié des éleveurs. Dans les cas extrêmes, le nombre d’interventions grimpe jusqu’à 14 applications. En revanche, cette enquête ne donne pas la part de chaque type de traitement. Car en dehors de méthodes peu orthodoxes qui ont prévalu dans le passé, les moyens de lutte se sont diversifiés.

En l’absence de remède miracle unanimement constaté par les éleveurs, les vétérinaires et les fournisseurs de produits, la lutte passe par la convergence de solutions : nettoyage plus ou moins poussé des élevages (et des containers de transport), traitements chimiques conventionnels avec des acaricides homologués (notamment en présence des poules), application de produits affectant les poux lors de leurs déplacements (silice amorphe, terre de diatomées, huiles essentielles, soufre, pyrèthre naturel…), additifs alimentaires (dans l’eau ou l’aliment) ou autres ayant une action répulsive ou dispersive, lutte biologique avec des prédateurs naturels implantés… Avec des produits plus sécurisés pour les applicateurs, plus simples et plus rapides à mettre en œuvre, l’intérêt croît pour ces deux dernières catégories de méthodes. Trois exemples sont développés dans les pages qui suivent : le biocontrôle par des prédateurs ; la désorganisation des colonies avec des allomones ; l’intoxication à partir du sang des poules. Aucune de ces solutions n’est l’arme fatale, mais ce sont de nouvelles pierres à ajouter au mur édifié autour de Dermanyssus gallinae.

- © Irsea

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Aviculture d'avril 2017. RA n°225 p.9.

Au sommaire :

- p. 10 - " Faire converger les solutions de lutte "

- p. 11 - Vers la lutte biologique par conversion

- p. 12 - " Une panoplie de solutions adaptées à chaque élevage "

- La moitié des éleveurs ont recours à des traitements

- p. 14 - Maintenir un équilibre avec le biocontrôle

- p. 16 - Désorganiser les colonies avec des allomones

- p. 18 - Empoisonner la nourriture des poux rouges.

- Une offre qui s'étoffe

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