Réussir Aviculture 02 septembre 2003 à 17h50 | Par Armelle Puybasset

Aviculture - Christian Laforêt a opté pour les « Volailles du Gers » pour maintenir l´exploitation

Le développement de la filière label rouge « Volailles du Gers » a permis le maintien de nombreuses exploitations telles que celle de Christian Laforêt.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Isolée dans les coteaux du Gers, l´exploitation de Christian Laforêt est située à Durban à quelques dizaines de kilomètres d´Auch. Elle se confond dans un paysage de prairies verdoyantes et de forêts. Cette région où il fait bon vivre est connue pour sa gastronomie et entre autres choses pour son foie gras et ses volailles fermières.
L´exploitation de Christian Laforêt est à l´image de la plupart des fermes du département situées en zone de coteaux : une structure de taille moyenne conduite en polyculture-élevage avec un ou plusieurs ateliers spécialisés en aviculture. Celle de Christian comprend trois productions avicoles : des poulets labels (4 bâtiments de 400 m2), une salle de gavage de canards de 400 places ainsi qu´une salle de reproduction d´oies de 400 femelles.
©A. Puybasset


Il exploite aussi 57 hectares de terres dont 35 sont cultivables. Un élevage de 26 mères Blonde Aquitaine valorise les surfaces accidentées. « La ferme a bien sûr beaucoup évolué depuis l´époque où mes parents se sont installés à la fin des années 1950, raconte Christian Laforêt. 36 hectares de terres, 12 vaches allaitantes, 8 oies reproductrices et 200 oies gavées au cours de l´hiver suffisaient à faire vivre l´exploitation. »
C´est le développement des productions avicoles qui a permis de pérenniser l´exploitation de Christian ainsi que celle de quelques 500 autres agriculteurs. Les trois ateliers avicoles représentent aujourd´hui 84 % du chiffre d´affaires de l´exploitation dont 40 % pour les volailles labels. De par sa géographie, le département du Gers est assez isolé et dispose de relativement peu d´infrastructures routières. De ce fait, à partir des années 70, l´agriculture gersoise a renoncé au développement de l´élevage intensif.

Afin de mieux valoriser sa production, elle s´est orientée vers les produits de qualité tels que les volailles fermières. Le groupement qualité Avigers, qui regroupe l´ensemble des acteurs de la filière label rouge a largement participé au développement de ces productions.

Le poulet assure un revenu régulier
Motivé par le dynamisme de l´aviculture gersoise, Christian Laforêt décide de développer les ateliers volailles de l´exploitation familiale. Dans un premier temps, il agrandit le cheptel d´oies reproductrices de 8 à 200 femelles et le nombre d´oies gavées de 200 à 1000 par an. En 1987, il s´installe avec ses parents à l´âge de 25 ans. Afin d´améliorer la rentabilité de l´atelier de gavage, il achète 8 hectares de terres pour cultiver du maïs. C´est aussi à cette époque qu´il décide d´investir dans les volailles de chair pour avoir une trésorerie stable et soutenir ses investissements. Un premier poulailler est construit en 1987, un deuxième deux ans après et un troisième en 1994.

Investissements régulièrement échelonnés
En 1998, Christian profite de la mise aux normes environnementales de l´exploitation pour moderniser ses installations et optimiser le temps de travail. Il installe une chaîne d´alimentation et une régulation automatiques dans chacun de ses bâtiments. 2002 a été l´année de la construction d´un dernier poulailler (le maximum autorisé par exploitation est de 4 bâtiments label rouge de 400 m2).
« Je reste confiant dans le système de polyculture-élevage car il me permet d´avoir une trésorerie stable, les lots de poulets labels amenant des revenus réguliers, explique Christian. Grâce à la diversité des ateliers, les difficultés économiques conjoncturelles rencontrées dans l´une des productions ne mettent pas en péril la viabilité de l´ensemble ». Le marché du foie gras d´oie n´étant plus porteur, Christian gave actuellement des canards. Comme beaucoup d´autres, les volailles labels du Gers souffrent de la crise avicole et les durées de vides sanitaires ont été allongées.

Malgré cela, l´atelier volailles de chair lui permet de dégager une marge correcte, d´autant que plus de la moitié des bâtiments sont déjà remboursés. « Il est important, précise Christian Laforêt, d´investir régulièrement afin que les charges de structures ne soient pas trop élevées ». Ses prochains investissements concerneront l´atelier bovins. L´éleveur souhaite engraisser des broutards avec ses propres céréales afin de mieux valoriser les cultures.

Améliorer encore l´organisation du travail
Pour pérenniser son exploitation, Christian Laforêt souhaite moderniser le plus possible son exploitation et réduire les besoins en main-d´oeuvre.
Cinq personnes travaillent actuellement sur l´exploitation. Les parents de Christian, à la retraite, l´aident régulièrement. Un salarié est présent à temps complet. Une personne s´occupe d´une partie du gavage. L´éleveur regrette qu´il soit si difficile de trouver des salariés qualifiés en agriculture et qu´il y ait peu d´entreprises de travaux agricoles dans sa région. Le recours à la sous-traitance pour ses poulaillers (nettoyage, ramassage) lui permettra de dégager du temps qu´il consacrera à la gestion de l´exploitation et à la recherche d´une meilleure rentabilité.
De plus, Christian Laforêt souhaite continuer à s´investir dans des organisations professionnelles. Il consacre déjà 40 % de son temps à la présidence du groupement de producteurs Volgers qui fait partie intégrante de la coopérative Vivadour dont il est aussi membre du bureau. Plus récemment, il a été élu président d´Avigers.
©A. Puybasset

©A. Puybasset

©A. Puybasset


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Aviculture se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Pourrait-on ouvrir le capital des élevages pour permettre d’investir ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui